Pensées d'un Forge-Rêves

Sois le bienvenu, étranger, dans mon humble demeure, le sombre refuge de mes pensées secrètes. Erre sur mon territoire et réfléchis...

dimanche 23 mars 2008

Phrase éphémère n°2

« Sans critiques, l’artiste n’est rien. »

Merci à toi Jaufré pour cette citation ô combien réaliste.

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samedi 22 mars 2008

Phrase éphémère n°1

« La flemme ne se discute pas, elle s’applique. » (Par moi.)

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La mort des Légendes

      Ceci est un extrait d'une nouvelle dans laquelle un souverain humain, manipulé par des religieux, déclare la guerre aux Brumes, créatures de légende. Cet extrait raconte la bataille entre les deux armées. Veuillez me pardonner pour la longueur du texte mais je ne pouvais pas dissocier les différents évènements... Bonne lecture.

      Les deux armées sont face à face sur la grande plaine. D’un côté, les hommes, troupe gigantesque et homogène. La première ligne est composée de soldats à pied portant épée et bouclier. Sur leurs flancs, des cavaliers armés de lances et entièrement caparaçonnés d’acier ou de bronze. Leur seconde ligne est formée d’archers. Une disposition simple mais qui a souvent montré son efficacité par le passé. Je regarde mes frères derrière moi, mes sabots martelant l’herbe verte du champ de bataille. Nous avons choisi une stratégie plus élaborée. Notre meute s’est formée en un croissant gigantesque avec, au centre, une pointe formée par mes amis les chevaux sauvages, les loups-garous et moi. Les deux autres pointes du croissant sont tenues par les fées, les vouivres et les loups menés par mes sœurs, les licornes. Le but de ce dispositif est d’encercler l’adversaire et de resserrer l’étau lentement, inexorablement. Pendant que nous ferons cette manœuvre, les dragons seront chargés d’affoler l’ennemi en décimant ses rangs depuis le ciel. Ils pourront ainsi distraire les archers, ce qui nous facilitera la tâche. Je m’avance avec le dragon d’or vers le centre de la plaine tandis qu’en face, le roi et l’archevêque font de même. Quelques mots à peine sont échangés et chacun retourne devant sa troupe. Je prends ma place à la tête de la pointe centrale et avance lentement vers l’armée humaine, ma corne unique et ma crinière blanche miroitant dans la lumière du soleil. Mes frères me suivent. Je me mets au galop et bientôt, toute la meute prend le même rythme, ce pendant que la terre tremble. Les dragons filent au-dessus de nos têtes et arrivent déjà au-dessus des lignes humaines. Je peux voir les flèches voler et transpercer leurs ailes. Chacune des blessures qui leur sont infligées augmente ma colère. Enfin, nous arrivons au contact et ma corne perce le ventre du soldat qui s’est placé sur ma route. En silence, je tue, broie les crânes sous mes sabots, répands les boyaux avec ma corne sur le sol déjà rouge. L’armée humaine recule, ses soldats sont submergés. La jonction entre nos deux ailes est faite et la magie rentre alors dans le combat. Les sorciers humains tentent de briser le cercle à l’aide de rayons lumineux et de jets de flammes. Nombreux sont mes frères qui tombent et ma fureur redouble. Je fonce vers ces hommes habillés de soie rouge qui tendent leurs mains vers mes amis. J’en tue quelques-uns mais tout à coup, je sens un trait froid traverser mon corps. Mon sang ruisselle sur ma robe immaculée. Le froid engourdit mes membres, le sommeil m’envahit. Je tremble alors que je m’arrête de courir et que je m’effondre sur le sol. Ma dernière vision est un archer, mon meurtrier. Il fait si froid…

      L’archer reste sur place. Une onde de tristesse l’envahit et il lâche ses armes qu’il n’entend même pas tomber sur le sol. Il regarde autour de lui, le visage baigné de larmes et ce qu’il voit le stupéfait. Toutes les Bêtes se sont arrêtées de combattre et se tiennent immobiles, tête baissée. La Licorne, leur Sœur, est morte, elles ne peuvent plus se battre. Le roi apparaît dans toute sa splendeur, couvert de sang et l’ordre tombe comme un couperet.

      « Tuez les toutes. Elles ont perdu. »

      Les soldats prennent chacun une lame et se placent devant les Brumes. Les yeux emplis de larmes, leurs épées s’abattent et les têtes tombent, toutes mêlées. Le roi, satisfait, ordonne le repli. Mais les hommes pleurent et, mus par leur instinct, creusent des tombes avec leurs boucliers, et ensuite à la main pour rendre un dernier hommage à leurs frères. L’archevêque ordonne d’arrêter, de laisser ces Bêtes pourrir sur le champ de bataille, de laisser leurs corps aux vautours et aux charognards mais il reçoit une flèche en plein ventre. L’archer assassin de la Licorne avait ramassé ses armes et décoché une dernière flèche. C’est ainsi que le charnier fut dissimulé aux yeux du monde, placé sous terre. Chaque année, les soldats viendront se recueillir sur ce champ de bataille et ce pendant leur seule génération. Les Brumes furent oubliées et seules les légendes leur survécurent.

(©, Forge-Rêves)

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jeudi 20 mars 2008

Pensée seconde

       Sujet : Le temps est-il en nous ou en dehors de nous ?

      Le temps… Passé, présent, futur, ce sont ces mots qui permettent de le délimiter. Si l’on reformule la question posée, nous obtenons ceci : « le temps est-il universel ou dépend-il de chacun de nous ? ».

      Le temps est universel : nous lui avons dédié une unité de mesure qui est la seconde. Pour tout le monde, la seconde est la même. Une journée est divisée en heures, en minutes, en secondes, en dixièmes de secondes et ainsi de suite. Tout cela est très… cartésien. Les Egyptiens avaient estimé une année à 365 jours. A l’époque de Jules César, on est passé à 365,25 jours. Avec les techniques scientifiques actuelles, nous trouvons qu’une année dure exactement 365,242 199 jours… Le calendrier julien se décalait donc d’environ 11 minutes tous les ans. Et si comme pour les années, l’homme s’était trompé en créant la seconde ? Et si une seconde n’était pas une seconde mais… une demi-seconde ? Alors notre notion de durée serait aussi fausse que le calendrier des Egyptiens… Ce qui montre que la seconde est très subjective puisque créée de toutes pièces. Et si nous avions tout faux ?

      Nous ne pourrions rien faire. Supprimer cette unité de mesure ? Impossible. La modifier, sans le cas où nous connaîtrions notre erreur ? Ce serait peut-être pour nous tromper à nouveau… Il ne reste plus qu’à laisser la seconde durer une seconde. Pour cela, le temps est universel : il ne dépend plus de l’être humain.

      Peut-être connaissez-vous cette phrase attribuée à Zall : « La durée d’une minute dépend de quel côté de la porte des toilettes vous vous trouvez. ». Le temps est relatif, selon le fait que nous trouvons la situation agréable ou pas. Tu as sûrement des souvenirs où tu aurais aimé que le temps passe plus ou moins vite. Une galante compagnie dans un ascenseur… Quelques minutes avec ton auteur préféré…  Les paroles d’un professeur ennuyeux qui déblatère sur la culture du chou de Bruxelles en Amérique du Sud. Oui lecteur, je vois que tu sais de quoi je parle. Nouvelle hypothèse : la notion temporelle est alors aussi conditionnée par nos émotions.

      Alors, que penser ? Le temps est-il universel ou est-il seulement le fruit de notre imagination ? A mon humble avis, je pense que l’homme s’est peut-être trompé en voulant attribuer une unité à quelque chose que nous peinons à percevoir, à ce concept qui varie selon nos perceptions et nos émotions. Le temps est en nous, c’est notre cerveau qui décide s’il passe vite ou pas, de façon totalement inconsciente (quoique  quand on s’ennuie, on sent le temps passer…).

      Ici, je n’ai cité que quelques arguments en faveur de l’une ou l’autre des hypothèses. Lecteur, c’est maintenant à toi de te faire ton opinion.

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samedi 15 mars 2008

Prologue

Ce prologue a été écrit pour un projet de MMORPG amateur. En tant que scénariste, je suis chargé de rédiger l'histoire de l'univers. J'ai décidé de vous en mettre le prologue. Bonne lecture !

      Ces onze personnes allaient décider de mon avenir. Moi, Darmus, l’un des plus grands scientifiques de cette ère, devait m’en remettre à la décision de cet éminent tribunal. Je n’avais pas grand espoir, la peur de l’inconnu les paralysait et la seule chose qu’ils souhaitaient était de voir mes bébés morts et annihilés. Quelque part, je les comprenais, moi aussi j’avais eu peur au début. Mais maintenant, je savais que j’étais capable de réaliser ce qu’aucun scientifique n’avait même jamais rêvé.

      « Darmus. Vous êtes accusés d’hérésie et d’assassinats multiples. Expliquez donc à la Cour ce qui vous a pris. Créer une nouvelle race ? Vous avez vraiment cru pouvoir vous prendre pour un dieu ? »

      Je pris mon temps avant de répondre à l’accusation, choisissant mes mots avec soin.

      « Oui, en effet. Et j’y suis parvenu. Mais ce que vous ne comprenez pas, c’est que ce n’est pas seulement une nouvelle espèce que je veux créer. Je souhaite découvrir de nouveaux sentiments, que nous ne connaissons pas. Je ne considère pas cela comme une hérésie. Et quant aux personnes ayant subi mes expérimentations, elles ont toutes signé un contrat selon lequel elles me confiaient leurs corps.

      - Voyons, m’interrompt l’un des juges, vous savez bien que vous n’avez pas le droit de créer la douleur chez un de vos sujets.

      - Mais vous ne comprenez pas ! Je suis sur le point de découvrir un sentiment qui puisse contrer la colère, la méchanceté ! Je suis en passe de redonner la paix à ce monde ! »

      Malheureusement, je n’étais pas totalement convaincu moi-même. Je savais bien que la haine était un sentiment qui faisait partie intégrante de la société et je n’étais pas totalement certain de pouvoir la contrer.

      « Vous reconnaissez donc avoir pratiqué des expériences douloureuses sur ces cent quatorze personnes ?

      - Oui, je l’ai fait. Pour la recherche scientifique et le bien de l’humanité.

      - Cela, c’est à nous d’en juger, répliqua un autre magistrat.

      - Très bien, déclara le maître-juge. Nous allons délibérer. »

      Ils me laissèrent seul dans la pièce austère et revinrent dix minutes plus tard.

      « Darmus, votre âme est condamnée à l’immortalité pour hérésie et meurtres en série.

      - Non ! m’écriai-je.

      - Vous ne pouvez évidemment pas faire appel de notre décision, continua le magistrat, imperturbable. La sentence est applicable immédiatement. Gardes, veuillez l’emmener. »

      Je ne garde aucun souvenir de l’application du châtiment. Lorsque je me suis réveillé, je flottais dans une brume rougeâtre, entièrement nu. Je me levai et tentai de trouver une issue mais le désespoir s’abattit sur moi : il n’y avait aucun moyen de sortir. J’étais condamné à une éternelle attente. Je fermai les yeux et visualisai une chemise de soie ainsi qu’un pantalon, pour me vêtir. Je les voyais parfaitement bien mais au moment de les faire basculer dans la réalité, un étrange filet apparut pour retenir les vêtements dans mon imaginaire. Ces scélérats m’avaient même privé de mon pouvoir de matérialisation ! Malgré sa résistance, j’étais presque certain de pouvoir briser cette bride qui m’empêchait de modeler des objets. Mais pour cela, il me fallait du temps.

      L’attente fut longue. Assis dans la position du laurier, je méditais, rassemblant mes forces pour pouvoir libérer mon pouvoir. Quelques millénaires plus tard, j’ouvris les yeux. J’étais dans une forêt aux arbres gigantesques, à la végétation luxuriante. J’avais réussi, je n’étais plus enfermé. J’étais libre ! Il était plus que temps de me remettre au travail

(© 2008, Forge-Rêves & LGDR)

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Pensée première

Sujet : Quel est le rôle de l'espèce humaine dans le monde ?

Certains répondront à cette question de façon catégorique : l'homme est le Héraut de la Destruction sur Terre. Il est vrai que l'homme n'apporte rien de bon pour la planète. Tout ce que l'on dit sur la destruction de l'environnement est vrai, peut-être même sous-évalué.

L'on dit de nous que nous sommes l'espèce la plus évoluée mais est-ce seulement vrai ? Quelles sont les espèces qui pourraient nous concurrencer ? Les dauphins ? Les fourmis ? Non, le fait est que nous nous sommes forgé la place de gouverneurs des terres, des mers et bientôt, qui sait, de l'espace.

J'aime la fascination qu'ont les chercheurs à vouloir découvrir des exoplanètes (des planètes où nous, humains, serions capables de vivre). Une sortie de secours pour le cas où nous détruirions notre bonne vieille Terre ? Ou alors simplement pour la science ? Je ne crois pas à cette dernière solution : toute recherche est intéressée. Mais je m'éloigne du sujet.

Après cette introduction, entrons plus profondément dans le sujet : quel est le but de toute espèce animale ou végétale vivant sur Terre ? Asseoir sa domination sur son environnement. C'est aussi simple que ça. Vous n'êtes pas convaincus ? Je citerai un exemple végétal : la forêt amazonienne, la lutte des plantes entre elles pour récolter un rayon de soleil et ainsi, pour survivre. L'homme (d'ailleurs, vous remarquerez que je ne mets pas de majuscule, il n'en mérite pas plus qu'une autre espèce) fonctionne aussi selon ce modèle et utilise les moyens que la Nature lui a donné. L'homme n'est pas meilleur que les autres, loin de là. Regarde-toi, lecteur. Ta peau est molle, un rien peut l'entailler. Tu es lent, pataud. Par contre, tu as une taille importante et un cerveau volumineux. 

Mais il y a autre chose qui est caractéristique à l'homme : le libre-arbitre. L'animal a un but : il chasse pour manger, il s'accouple pour la survie de son espèce. L'homme est pareil à cet animal mais... il a d'autres préoccupations. Comme l'animal, il se pose la question du "comment". Comment vais-je gagner ma vie ? Si on raisonne comme un animal : comment vais-je faire pour nourrir mon clan ? Voler, pratiquer un métier honorable, persuader les gens de lui donner ce qu'ils ont... L'animal chasse de différentes manières... Par exemple il sait que le vent doit éviter de charrier son odeur vers sa proie, pour ne pas que celle-ci ne fuie. L'homme aussi mais... ce n'est pas exactement la même chose. Je me rends compte que je m'éloigne encore du sujet et que je me perds dans des considérations philosophiques. Mais cette question du libre-arbitre est fondamentale, selon moi. En effet, c'est lui qui nous permet d'agir à notre guise. Et là je reviens à la question de départ en disant que... tout le monde est différent malgré l'unicité de notre espèce. Des hommes vont choisir de dominer les autres en tuant, pillant, violant (ou par des moyens plus subtils, comme obtenir une place de chef d'entreprise...). D'autres vont défendre des valeurs qui leur paraissent juste (impliquant l'écologie, l'humanitaire, etc...).

L'homme est mauvais, c'est vrai. Mais c'est également faux parce que nous nous servons différemment de notre libre-arbitre. Et on retrouve l'éternelle opposition entre passion et raison, entre hubrys et logos... Mais les autres espèces ont-elles un rôle sur Terre ? Oui. Et c'est le même que le nôtre. Dominer. Pour survivre.

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dimanche 9 mars 2008

Introspection au bord du vide

      Perché sur une corniche instable. L’abîme devant moi est impénétrable, de la même couleur que le morceau d’Ebène fixé à mon cou par une cordelette. Je sens le vide qui m’attire, qui déploie patiemment ses ombres dans les méandres torturés de mon esprit, dans l’espoir d’atteindre mon âme. Ce vide, c’est mon passé. Le vertige fait remonter des souvenirs qui effleurent ma conscience comme les douces caresses d’une femme. Le meurtre de mon père, mon épée plantée dans son corps frêle, rougi par les flammes et le sang. La profanation du temple de mes ancêtres, ma main sur leur caveau, un sourire sur mon visage. Le cœur de la bataille, les regards emplis de peur de ces enfants-soldats lancés dans l’affrontement comme une meute de chiens auxquels on aurait retiré les crocs et les griffes, seulement capables de se faire massacrer en silence. Je revois les courbes parfaites formées par ma lame, leurs corps s’affaissant devant moi, entraînant une joie sans égale à l’idée d’avoir droit de vie et de mort sur ces fantassins fantoches. Oui, j’y ai pris du plaisir, je le sais, j’en ai honte. Pourquoi ai-je fait cela ? Comme à chaque fois que je regarde le vide, ces réminiscences plus anciennes encore apparaissent devant mes yeux. La brute de l’école abattant avec fureur ses poings sur mon corps replié, les rires forcés des autres élèves, d’un courage inexistant, n’osant se rebeller contre ce vaurien de peur de subir le même sort que moi. Le fouet du maître gravant sur ma peau des plaies sanguinolentes tandis que je regarde au loin, la bouche pleine de sang à force de me mordre les lèvres, pour ne pas hurler. Les paroles assassines du Père me reprochant de ne pas avoir enduré ma punition sans broncher, comme devrait le faire un Disciple.

      Retour dans un passé plus proche. Les batailles, ces missions de mercenaire où je tue sans pitié ni remords ces pauvres gamins pétris par la Glaise, religion des tyrans. L’illumination. Un prêtre, m’ouvrant les portes de l’Ebène et d’une nouvelle vie. Je me consacre entièrement au Bois, à sculpter des rêves toujours plus audacieux pour ceux qui sont appelés à mourir. La prêtrise prépare mon esprit à la découverte de nouveaux sentiments, forge ma conscience afin qu’elle pense par elle-même et qu’elle fasse ses propres choix. Au contact du monde des rêves, je deviens maître de mon propre univers. Je reprends vite le chemin des armes, celui pour lequel j’étais devenu un Disciple, il y a déjà si longtemps. Je ne choisis que des causes que je juge justes, leur offre ma lame pour qu’elles deviennent miennes, peut-être pour soulager ma conscience des atrocités que j’ai pu commettre. Une manière de canaliser la haine, la folie qui me consument depuis mon enfance ? Possible. Mais pas forcément vrai. J’aime à croire qu’au contact de l’Ebène, mon existence a changé. Mais maintenant, de nouveaux bouleversements m’attendent. L’Ordre de l’Ebène est en passe d’être anéanti. Et je suis sur cette simple corniche, qui me maintient au-dessus de mon passé et de la colère qui s'en dégage.

      Un chemin se dessine vers le vide, un chemin ardu, semé de nombreux obstacles. Je le parcours lentement des yeux, cherchant à identifier les dangers qu’il recèle. Il me dit que je pourrais continuer à me battre, comme je l’ai toujours fait, à initier d’autres enfants aux mystères de l’Ebène, à leur faire entendre Sa voix. Ce parcours est parsemé de cadavres qui accompagneront mes pas et me reprocheront mon choix. Il serait tellement plus simple d’abandonner, de rester sur cette corniche et d’essayer de survivre en silence jusqu’à ce qu’elle cède et que je meure là, seul et oublié du monde. Je me retourne. La falaise qui monte à pic me montre un autre futur possible me menant à l’Empire où je me vois allongé sur le billot, sanglotant mes dernières prières à voix basse, en espérant que quelqu’un dans la foule me reconnaisse et se porte garant de mon honneur. Mais je le sais, personne ne se présentera pour me sauver. L’Ordre a été décimé. Quiconque s’opposera à l’Empire sera déclaré Parjure. Quiconque s’opposera à l’Empire verra sa tête dessinée sur de grandes plaques de cire placardées dans toutes les villes. Quiconque s’opposera à l’Empire subira des semaines de torture publique, afin que tous se rendent compte de ce qu’implique le refus de l’autorité. Quiconque s’opposera à l’Empire mourra sans que personne ne s’en offusque, sans que l’Histoire retienne son nom.

      J’observe attentivement les deux voies et choisis mon destin. Je suis le dernier Héraut, serviteur de l’Ebène. Un Héraut ne saurait fuir un combat.

(© 2008, Forge-Rêves)

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Premier message

Tout d'abord bonjour à toi. Je ne sais peut-être pas qui tu es mais peu importe, nous ne sommes pas là pour parler de nous. Comment ça, peut-être de moi ? Ah, tu crois que j'ai créé ce blog pour parler de ma vie, de mes soucis, de mes joies ? Tu n'as pas tout à fait tort. Mais tu n'as pas entièrement raison. Ce blog a été créé pour... que je puisse partager mes pensées avec toi, lecteur. Pas forcément des pensées joyeuses, mais aussi ma mélancolie et mes modestes écrits. Modestes parce que je n'ai pas pour objectif de vous faire aimer ce que je fais. Je n'écris pas pour toi, lecteur, du moins pas principalement. J'écris surtout pour moi. C'est une sorte de thérapie, un moyen de plonger hors du temps et de l'espace. Dès lors, mon champ de vision est restreint à un stylo et une feuille. L'encre se couche voluptueusement sur le papier, se convulte sensuellement pour former des signes étranges, dont le sens ne peut être discerné par un profane.

Lecteur, sache que toute écriture est sacrée. Malgré cela, tout le monde a le droit d'écrire. Discipline maîtresse, elle concilie la maîtrise des éléments linguistiques à la recherche d'un style propre et d'un sujet. Dans quel but ?

Mais nous nous éloignons du sujet initial. Lecteur, je ne suis pas là pour te donner des réponses mais pour que tu te poses des questions. En espérant que tu n'en trouveras pas les réponses... parce que ce ne sont pas les réponses qui font avancer mais bien les questions.

Un petit résumé ? Tu ne sais pas qui je suis, tu sais juste que j'écris. Peut-être que je me dévoilerai un peu plus tard mais pour l'instant... Dernier élément : Je suis un Forge-Rêves. Je t'expliquerai plus tard ce que cela signifie, peut-être...

Posté par Forge_Reves à 12:38 - Recueil de pensées - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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