Pensées d'un Forge-Rêves

Sois le bienvenu, étranger, dans mon humble demeure, le sombre refuge de mes pensées secrètes. Erre sur mon territoire et réfléchis...

mercredi 23 septembre 2009

Et si Dieu n'était qu'un mauvais artisan ?

Un article un peu en vrac pour cette nuit. Tout d'abord, je voulais vous annoncer en avant-première l'ouverture du blog de mon grand frère, mon frère de coeur, j'ai nommé M., alias Lord Myrddin. Vous y trouverez des extraits de ses bouquins ainsi que de nombreux textes qui seront ajoutés selon son humeur. Je l'encourage fortement à y mettre des articles sinon il va prendre cher. Le lien vers son blog se trouve juste à droite, sous l'image et la ligne pour me contacter.

Et j'enchaîne sur une petite citation, une phrase éphémère qui m'a été rapportée par A. Merci à elle.

"N'y a-t-il pas quelque chose d'un peu absurde dans le spectacle d'êtres humains qui tiennent devant eux un miroir et qui pensent que ce qu'ils y voient est tellement excellent que cela prouve qu'il doit y avoir une Intention Cosmique qui, depuis toujours, visait ce but... Si j'étais tout-puissant et si je disposais de millions d'années pour me livrer à des expériences, dont le résultat final serait l'Homme, je ne considérerais pas que j'aurais beaucoup de raisons de me vanter."
(Bertrand Russell / 1872-1970 / Religion et Science / 1957)

A part ça, j'ai encore déçu une personne aujourd'hui et je la prie de m'excuser. J'ai le chic pour blesser les gens qui m'apprécient.

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jeudi 17 septembre 2009

Lettre pour un Renouveau

Aujourd'hui, j'ai eu une révélation. Je vous rassure, rien de mystique ou quoi que ce soit du genre. Non, j'ai simplement compris ce que je faisais ici. Ce que je voulais vraiment.

Aujourd'hui, j'ai reçu un message sur mon téléphone portable. On m'insultait de charognard, de sale type, de quelqu'un qui se croyait être mieux que tout le monde, si tant est que j'ai déjà eu cette prétention. Mais c'est vrai, je croyais être un type avec des bonnes manières, qui ne gênait personne. Je croyais être un type bien. Mais j'ai compris que l'on devient souvent le contraire de ce que l'on fait semblant d'être.

Je me suis toujours reposé sur mes lauriers. Il y a des choses que je sais faire mais... je ne m'améliore pas. Je stagne sur des eaux troubles. J'erre dans ce monde sans trouver ma véritable place. Oui, je pense que chacun a un rôle à jouer sur cette planète, dans cette société. Pour certains, ça sera être un mec cool, père de famille, salarié dans une entreprise. D'autres auront un rôle plus important, seront les patrons de cette entreprise ou peut-être de plusieurs, qui sait. Mais je ne parle pas ici d'un rôle financier ou physique. Je parle d'un rôle... moral. Une volonté. Certains n'ont pas eu cette chance et sont exclus de notre société. Ce sont les gens de l'ombre, ceux que personne ne remarque. Vous passez parfois à côté d'eux sans les voir ou vous ignorez leur main implorante, tendue en quête d'une aide ou même d'un simple mot. Vous ne voulez voir que des choses qui vous rassurent, garder ces œillères qui vous empêchent d'apprécier la vérité de ce monde dans sa globalité.

Je ne sais pas si j'ai trouvé ce rôle pour ma propre personne insignifiante. Je sais que je veux aider les gens, les écouter, recueillir leurs plaintes sourdes et guérir leurs maux. J'aimerais les soigner physiquement mais également mentalement. J'aimerais être un Forge-Rêves. Si je n'ai pas les capacités pour aider une personne à supporter les douleurs physiques, je veux essayer de lui ôter sa souffrance mentale et morale. J'aimerais continuer d'écrire des textes pour sortir leurs âmes de leurs corps blessés et qu'elles puissent trouver un repos provisoire, loin de l'affliction qui les torture. C'est mon but.

Pourquoi ? La réponse est simple. Je posais la question dans mon dernier article : quelle est la loi de ce monde ? Contrairement à ce que je disais, je vais essayer de vous livrer une partie de ma propre réponse. La loi de ce monde, c'est tout simplement vous. Chacun d'entre nous est une partie de la loi de ce monde. Chaque être vivant ou minéral en est une partie. La loi de ce monde, c'est ce que nous faisons envers lui. Nous avons tous des idées différentes concernant la façon de rendre hommage à notre Terre, c'est ce qui explique nos divergences d'opinion. Personnellement, je souhaite pouvoir un jour me regarder dans un miroir et dire tout haut « Je suis fier de moi. ». Pour cela, je dois accomplir mon but.

Mais pour pouvoir atteindre cet objectif, je dois changer. C'est pourquoi je souhaite bannir l'hypocrisie de mon esprit et de mon comportement. Je l'ai toujours haïe mais je l'ai utilisée parce qu'il est parfois plus simple de faire semblant que d'affronter les épreuves qui nous attendent. Je ne veux plus me laisser balloter par le cours de l'existence. Ce que les gens pensent de moi m'importe peu. Bien sûr, je ne suis pas infaillible ni intouchable, je souffrirai toujours lorsqu'on m'insultera et je rougirai toujours lorsqu'on me complimentera. Que les gens qui ne m'apprécient pas ne me parlent pas. Que ceux qui m'aiment pensent à moi. Cela me touchera toujours. Mais ce qui importe vraiment, c'est ce que je pense de moi. Et là, je pourrai me lever le matin et me dire « Je suis vivant. ».

Je tiens à m'excuser auprès de tous ceux que j'ai blessé. G. et C., vous ne lirez sans doute jamais ce texte mais j'espère que vous me pardonnerez pour ce que j'ai fait, pour les erreurs que j'ai commises. Je n'avais pas l'intention de vous blesser mais au moins, vous m'avez ouvert les yeux. Je ne peux pas mentionner tout le monde mais en tous cas je tiens à présenter mes excuses à tous ceux qui m'ont croisé. Je tiens à présenter mes excuses à tous ceux qui m'ont fait souffrir, à tous ceux qui m'ont aimé, à tous ceux qui me détestent et à ceux qui m'apprécient encore. Ce n'était pas vraiment moi. Je n'avais pas l'intention de vous tromper ou de vous blesser. Je ne savais pas qui j'étais. A partir de maintenant, je ferai de mon mieux pour être ce que je suis vraiment.

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jeudi 10 septembre 2009

Soliloque d'un putain de penseur

Bonjour à tous. Oui, ça fait longtemps que j'ai rien posté... Mais bon, disons que j'étais pas dans une bonne phase en ce moment, du moins au niveau de l'écriture. Je sais pas s'il y a encore beaucoup de gens qui me lisent mais bon, je poste. Voici un texte un peu étrange, pas forcément de bonne qualité mais y a des mots qui forment des phrases donc on dira que ça reste un texte. J'vous en dis pas plus, bonne lecture.

« C'est quoi, la loi de ce monde ? »

L'homme sort un paquet de cigarettes et en porte une à ses lèvres. Puis, il prend son briquet et l'allume. La première bouffée. Libératrice. Il expire lentement, la fumée sortant de sa bouche en fines volutes. Puis, enfin, il regarde autour de lui. Il n'y a personne sur la jetée, ce qui est étrange pour une belle soirée estivale. A croire que tous les touristes et promeneurs se sont éclipsés pour que l'homme se retrouve seul avec ses démons intérieurs et ses pensées torturées. Tourné vers la ville, il peut entendre au loin sa douce symphonie, celle des voitures, des rires joyeux et des aboiements agressifs.

« Ouais, agressif. C'est comme ça qu'il est, ce monde pourri. Alors c'est quoi, cette putain de loi, hein ? Est-ce qu'il y en a une, au moins ? Est-ce qu'on a vraiment besoin d'une loi ? Je ne parle pas de celles du gouvernement, bien sûr. »

L'homme ne put s'empêcher de glousser et de lever les yeux au ciel en secouant la tête. Il avait l'air un peu fou avec ses cheveux sombres lui tombant jusqu'aux épaules, ébouriffés. Ses yeux hallucinés, d'un bleu si clair qu'on le croyait gris, donnaient l'impression de scruter la nuit d'un regard froid, presque indifférent.

« Allez, regardons un peu notre monde. Tu peux me dire que tout est couleur, que tout est forme. J'suis d'accord. Maintenant, ferme les yeux. Ne remarques-tu rien ? Tu devrais. Tout est bruit. Où que tu sois, il y aura toujours un son. Le silence n'existe pas. Enfermes-toi dans ta chambre. Tu entendras toujours le son des voitures par les fenêtres. Va dans une forêt – pendant qu'il en reste encore -, tu entendras le chant des oiseaux et celui de la nature, bien que ce ne soit pas désagréable, entre nous. En ville, je t'en parle même pas. Et les sourds alors ? Bah ils ont de la chance. Ils n'entendent rien, encore qu'ils ressentent les vibrations provoquées par les sons. Personnellement, je préfèrerais être sourd qu'aveugle. Tu fermes les yeux et là... coupé du monde. Le pied total. Mieux qu'un shoot d'héro. Au moins comme ça, on a plus à supporter l'humanité.

Parce que je vais te poser une question maintenant. C'est quoi le but de l'humanité ? C'est quoi, ton but dans la vie ? Sérieux, t'es content de ta vie là ? T'as un boulot, p'têt une femme -si t'as d'la chance et que t'es pas trop boutonneux. Ou alors t'as rien mais là j'parle des gens qui se croient heureux. Remarque, si toi t'y aspires, tu peux te sentir concerné. Alors, c'est quoi le bonheur ? Avoir une femme, faire des gosses, gagner du fric et se la péter auprès des copains en disant « Ouais, j'fais de la politique de temps en temps, ça m'botte, c'est marrant. » ? Ouais, elle est géniale ta vie. Si tu crois à ça, c'est con pour toi. Enfin, heureusement qu'ils font pas tous de la politique parce que là, on serait foutus. Déjà que ceux qu'on a là-haut, des fois on a bien envie de se foutre de leur gueule... C'est plus triste que drôle, remarque.

Donc, j'disais. Si tu penses que ta vie c'est boulot, baise, copains/copines, bah t'as rien compris. T'es au courant que dans « vivre », y a « vie » ? Et là j'parle pas de perpétuer l'espèce, hein. Encore que, c'est un noble dessein... Mais est-ce que tu vis pour toi après ? Pour les chrétiens, y a un type qui a parlé de 7 péchés capitaux : la paresse, l'orgueil, la gourmandise, la luxure, l'avarice, la colère et l'envie. Je veux bien admettre que profiter de la vie sans pécher, ça doit être compliqué. Mais pourquoi tu te prends la tête ? Dieu n'existe pas. Tu me crois pas ? Ouvre la fenêtre et regarde. Si t'es à la campagne... Bah regarde-toi dans un miroir.

L'être humain est moche, non ? Sérieux, fous-toi à poil devant la glace et regarde attentivement. On est pas de la bonne couleur pour passer inaperçus, nan ? Enfin sauf les Noirs, la nuit on les voit pas. Sauf s'ils sourient. Nan, observe-toi bien attentivement. On est grands. Pour la plupart, j'veux dire. Vive la discrétion. Notre peau est molle, flasque. Un rien la transperce. Nous sommes lourds, patauds. Notre équilibre est toujours précaire. Et puis au niveau de la forme, c'est pas très harmonieux. On est nettement moins bien pourvus que d'autres espèces animales. Dieu, s'il existe, a sous-payé les designers et oublié des options. »

La cigarette de l'homme est depuis longtemps consumée. Maintenant il est tourné vers la mer, les mains enfoncées dans les poches de son blue-jean, veste sur l'épaule. Observant l'étendue bleutée sans la voir et reprenant le cours de ses pensées. Puis, il sort à nouveau son paquet et rallume une tige de tabac. La première bouffée. Libératrice.

« Le seul avantage qu'on a, ce sont nos mains et notre cerveau. Enfin, surtout nos mains parce que le cerveau, on a pas spécialement appris à s'en servir. Nan, j'avoue que nos paluches, elles sont quand même bien pratiques. A la fois instruments de force et de précision. Pour soulever des troncs d'arbre ou manipuler un stylo. Quand on sait écrire, évidemment.

Est-ce que notre cerveau est une bénédiction ? J'en suis pas sûr. Derrière moi, y a une ville. Ces grands bâtiments de béton où on s'entasse tous, c'est intelligent. Ces centrales nucléaires, c'est intelligent. Et puis les armes aussi c'est intelligent, à la limite. Par contre se frapper sur la gueule, voire même se tuer pour posséder un lopin de terre ou quelques pièces de monnaie, ça c'est une putain de belle connerie. Et y a que nous pour faire un truc pareil. L'être humain n'est qu'un sale petit connard égoïste et prétentieux qui s'amuse à dézinguer ses copains pour quasi que dalle. Et ça, j'peux te dire que ça m'fait bien marrer.

Tout ça pour dire que c'est quoi, la loi qui régit ce monde ? La loi du plus fort ? Marche et ferme ta gueule ? T'as la version politique, aussi : « Ecoute et vote pour moi ». Et surtout, cherche pas à réfléchir hein, c'est mauvais pour ta santé. Laisse les autres décider pour toi. Conneries.

Donc, j'vais pas poser la question une nouvelle fois, j'crois que t'as pigé le principe. Moi, j'ai ma réponse. Mais j'peux pas te la donner. Ça, c'est la mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle... c'est que même si l'être humain n'est qu'un imbécile, tu peux peut-être trouver ta vision des choses. Garde juste ça pour toi hein, sinon on va te prendre pour un original après. Comme moi. Si tu tiens à tes amis, ferme ta gueule et subis. Si t'en as rien à foutre... »

L'homme a toujours les yeux dans le vague. Il jette un coup d'œil à sa cigarette et la laisse choir sur le sol. D'un coup de talon, il l'éteint et, dans le même mouvement, quitte la grève.

(© Forge-Rêves, 2009)

Posté par Forge_Reves à 16:55 - Carnets d'écriture - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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