Blah ! Pour les éventuelles personnes qui passent encore ici, voilà un petit texte. Il est court, sans forme mais c'est fait exprès. C'est simplement un ensemble de phrases mises bout à bout, un peu dans le style d'A. Damasio. Il n'aura peut-être pas de sens pour vous mais il en a pour moi. Bonne lecture.

 

Forge le rêve, dévore l'illusion, contre le vent dans d'implacables voltes, lutte perpétuelle avec la démence comme unique compagne...

Car tel est le chemin, semé d'innombrables pièges, sublimes épreuves. Eternel combat durant lequel l'ultime visée est de comprendre l'autre, d'esquiver ses assauts, de se défendre contre les coups, sans une plainte, sans mot dire. Le verbe est ton fleuret, le corps ton bouclier, tout ce que tu possèderas jamais. Les mots et la chair pour lutter, tête haute, contre la foudre de tes semblables, pâles copies mais déviances certaines. Caracole, virevolte, vers l'oubli et le vif, vers la folie et le ressenti, contente-toi de ce que tu es, non pas pour les autres mais bien pour toi-même. Car ce que tu es importe, les autres ne sont que l'image, l'icône d'une ère révolue, disparue, où le monde était harmonie, sourde symphonie, cacophonie de sons et de fragrances dissonants, vivifiants. Peu importe. L'âme du poète voit arcaniste démodé d'un peuple pragmatique où seul le matériel compte, un sol sous nos pieds, un ciel au-dessus, tout compte pour rien sous le regard des aigles, traitant l'humanité de délire. Le poseur de mots est exclu, sa lutte est le silence, l'immobilisme...

Regarde l'étoile briller, guider ta déraison vers le plongeon ou la rémission, tendre vers l'être et l'exister, la rendre tangible. Couche les mots sur le papier, écoute-les, donne leur l'existence car là est ta mission, les dompter pour leur rendre leur sens. Ouvre les yeux et les cœurs, présente la vérité, celle qui doit être et qui parfois est, déchirant le voile de l'ignorance.

(© Forge-Rêves, 2010)