<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>Pens&#xe9;es d&apos;un Forge-R&#xea;ves</title><link>http://forgereves.canalblog.com/</link><description>Sois le bienvenu, &#xe9;tranger, dans mon humble demeure, le sombre refuge de mes pens&#xe9;es secr&#xe8;tes. Erre sur mon territoire et r&#xe9;fl&#xe9;chis...</description><language>fr</language><lastBuildDate>Sun, 15 Nov 2009 02:04:26 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>Et si Dieu n&apos;&#xe9;tait qu&apos;un mauvais artisan ?</title><dc:creator>Forge_Reves</dc:creator><link>http://forgereves.canalblog.com/archives/2009/09/23/15058267.html</link><category>Phrases &#xe9;ph&#xe9;m&#xe8;res</category><comments>http://forgereves.canalblog.com/archives/2009/09/23/15058267.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://forgereves.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15058267/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://forgereves.canalblog.com/archives/2009/09/23/15058267.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Un article un peu en vrac pour cette nuit. Tout d&apos;abord, je voulais vous annoncer en avant-premi&#xe8;re l&apos;ouverture du blog de mon grand fr&#xe8;re, mon fr&#xe8;re de coeur, j&apos;ai nomm&#xe9; M., alias Lord Myrddin. Vous y trouverez des extraits de ses bouquins ainsi que de nombreux textes qui seront ajout&#xe9;s selon son humeur. Je l&apos;encourage fortement &#xe0; y mettre des articles sinon il va prendre cher. Le lien vers son blog se trouve juste &#xe0; droite, sous l&apos;image et la ligne pour me contacter. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Et j&apos;encha&#xee;ne sur une petite citation, une phrase &#xe9;ph&#xe9;m&#xe8;re qui m&apos;a &#xe9;t&#xe9; rapport&#xe9;e par A. Merci &#xe0; elle.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&quot;N&apos;y a-t-il pas quelque chose d&apos;un peu absurde dans le spectacle d&apos;&#xea;tres humains qui tiennent devant eux un miroir et qui pensent que ce qu&apos;ils y voient est tellement excellent que cela prouve qu&apos;il doit y avoir une Intention Cosmique qui, depuis toujours, visait ce but... Si j&apos;&#xe9;tais tout-puissant et si je disposais de millions d&apos;ann&#xe9;es pour me livrer &#xe0; des exp&#xe9;riences, dont le r&#xe9;sultat final serait l&apos;Homme, je ne consid&#xe9;rerais pas que j&apos;aurais beaucoup de raisons de me vanter.&quot;&lt;br /&gt;(Bertrand Russell / 1872-1970 / Religion et Science / 1957)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;A part &#xe7;a, j&apos;ai encore d&#xe9;&#xe7;u une personne aujourd&apos;hui et je la prie de m&apos;excuser. J&apos;ai le chic pour blesser les gens qui m&apos;appr&#xe9;cient.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 23 Sep 2009 00:12:00 GMT</pubDate></item><item><title>Lettre pour un Renouveau</title><dc:creator>Forge_Reves</dc:creator><link>http://forgereves.canalblog.com/archives/2009/09/17/15097643.html</link><category>Recueil de pens&#xe9;es</category><comments>http://forgereves.canalblog.com/archives/2009/09/17/15097643.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://forgereves.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15097643/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://forgereves.canalblog.com/archives/2009/09/17/15097643.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Aujourd&apos;hui, j&apos;ai eu une r&#xe9;v&#xe9;lation. Je vous rassure, rien de mystique ou quoi que ce soit du genre. Non, j&apos;ai simplement compris ce que je faisais ici. Ce que je voulais vraiment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd&apos;hui, j&apos;ai re&#xe7;u un message sur mon t&#xe9;l&#xe9;phone portable. On m&apos;insultait de charognard, de sale type, de quelqu&apos;un qui se croyait &#xea;tre mieux que tout le monde, si tant est que j&apos;ai d&#xe9;j&#xe0; eu cette pr&#xe9;tention. Mais c&apos;est vrai, je croyais &#xea;tre un type avec des bonnes mani&#xe8;res, qui ne g&#xea;nait personne. Je croyais &#xea;tre un type bien. Mais j&apos;ai compris que l&apos;on devient souvent le contraire de ce que l&apos;on fait semblant d&apos;&#xea;tre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me suis toujours repos&#xe9; sur mes lauriers. Il y a des choses que je sais faire mais... je ne m&apos;am&#xe9;liore pas. Je stagne sur des eaux troubles. J&apos;erre dans ce monde sans trouver ma v&#xe9;ritable place. Oui, je pense que chacun a un r&#xf4;le &#xe0; jouer sur cette plan&#xe8;te, dans cette soci&#xe9;t&#xe9;. Pour certains, &#xe7;a sera &#xea;tre un mec cool, p&#xe8;re de famille, salari&#xe9; dans une entreprise. D&apos;autres auront un r&#xf4;le plus important, seront les patrons de cette entreprise ou peut-&#xea;tre de plusieurs, qui sait. Mais je ne parle pas ici d&apos;un r&#xf4;le financier ou physique. Je parle d&apos;un r&#xf4;le... moral. Une volont&#xe9;. Certains n&apos;ont pas eu cette chance et sont exclus de notre soci&#xe9;t&#xe9;. Ce sont les gens de l&apos;ombre, ceux que personne ne remarque. Vous passez parfois &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; d&apos;eux sans les voir ou vous ignorez leur main implorante, tendue en qu&#xea;te d&apos;une aide ou m&#xea;me d&apos;un simple mot. Vous ne voulez voir que des choses qui vous rassurent, garder ces œill&#xe8;res qui vous emp&#xea;chent d&apos;appr&#xe9;cier la v&#xe9;rit&#xe9; de ce monde dans sa globalit&#xe9;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne sais pas si j&apos;ai trouv&#xe9; ce r&#xf4;le pour ma propre personne insignifiante. Je sais que je veux aider les gens, les &#xe9;couter, recueillir leurs plaintes sourdes et gu&#xe9;rir leurs maux. J&apos;aimerais les soigner physiquement mais &#xe9;galement mentalement. J&apos;aimerais &#xea;tre un Forge-R&#xea;ves. Si je n&apos;ai pas les capacit&#xe9;s pour aider une personne &#xe0; supporter les douleurs physiques, je veux essayer de lui &#xf4;ter sa souffrance mentale et morale. J&apos;aimerais continuer d&apos;&#xe9;crire des textes pour sortir leurs &#xe2;mes de leurs corps bless&#xe9;s et qu&apos;elles puissent trouver un repos provisoire, loin de l&apos;affliction qui les torture. C&apos;est mon but.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi ? La r&#xe9;ponse est simple. Je posais la question dans mon dernier article : quelle est la loi de ce monde ? Contrairement &#xe0; ce que je disais, je vais essayer de vous livrer une partie de ma propre r&#xe9;ponse. La loi de ce monde, c&apos;est tout simplement vous. Chacun d&apos;entre nous est une partie de la loi de ce monde. Chaque &#xea;tre vivant ou min&#xe9;ral en est une partie. La loi de ce monde, c&apos;est ce que nous faisons envers lui. Nous avons tous des id&#xe9;es diff&#xe9;rentes concernant la fa&#xe7;on de rendre hommage &#xe0; notre Terre, c&apos;est ce qui explique nos divergences d&apos;opinion. Personnellement, je souhaite pouvoir un jour me regarder dans un miroir et dire tout haut &#xab; Je suis fier de moi. &#xbb;. Pour cela, je dois accomplir mon but.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais pour pouvoir atteindre cet objectif, je dois changer. C&apos;est pourquoi je souhaite bannir l&apos;hypocrisie de mon esprit et de mon comportement. Je l&apos;ai toujours ha&#xef;e mais je l&apos;ai utilis&#xe9;e parce qu&apos;il est parfois plus simple de faire semblant que d&apos;affronter les &#xe9;preuves qui nous attendent. Je ne veux plus me laisser balloter par le cours de l&apos;existence. Ce que les gens pensent de moi m&apos;importe peu. Bien s&#xfb;r, je ne suis pas infaillible ni intouchable, je souffrirai toujours lorsqu&apos;on m&apos;insultera et je rougirai toujours lorsqu&apos;on me complimentera. Que les gens qui ne m&apos;appr&#xe9;cient pas ne me parlent pas. Que ceux qui m&apos;aiment pensent &#xe0; moi. Cela me touchera toujours. Mais ce qui importe vraiment, c&apos;est ce que je pense de moi. Et l&#xe0;, je pourrai me lever le matin et me dire &#xab; Je suis vivant. &#xbb;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je tiens &#xe0; m&apos;excuser aupr&#xe8;s de tous ceux que j&apos;ai bless&#xe9;. G. et C., vous ne lirez sans doute jamais ce texte mais j&apos;esp&#xe8;re que vous me pardonnerez pour ce que j&apos;ai fait, pour les erreurs que j&apos;ai commises. Je n&apos;avais pas l&apos;intention de vous blesser mais au moins, vous m&apos;avez ouvert les yeux. Je ne peux pas mentionner tout le monde mais en tous cas je tiens &#xe0; pr&#xe9;senter mes excuses &#xe0; tous ceux qui m&apos;ont crois&#xe9;. Je tiens &#xe0; pr&#xe9;senter mes excuses &#xe0; tous ceux qui m&apos;ont fait souffrir, &#xe0; tous ceux qui m&apos;ont aim&#xe9;, &#xe0; tous ceux qui me d&#xe9;testent et &#xe0; ceux qui m&apos;appr&#xe9;cient encore. Ce n&apos;&#xe9;tait pas vraiment moi. Je n&apos;avais pas l&apos;intention de vous tromper ou de vous blesser. Je ne savais pas qui j&apos;&#xe9;tais. A partir de maintenant, je ferai de mon mieux pour &#xea;tre ce que je suis vraiment. &lt;/p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 17 Sep 2009 00:00:00 GMT</pubDate></item><item><title>Soliloque d&apos;un putain de penseur</title><dc:creator>Forge_Reves</dc:creator><link>http://forgereves.canalblog.com/archives/2009/09/10/15021791.html</link><category>Carnets d&apos;&#xe9;criture</category><comments>http://forgereves.canalblog.com/archives/2009/09/10/15021791.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://forgereves.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15021791/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://forgereves.canalblog.com/archives/2009/09/10/15021791.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;Bonjour &#xe0; tous. Oui, &#xe7;a fait longtemps que j&apos;ai rien post&#xe9;... Mais bon, disons que j&apos;&#xe9;tais pas dans une bonne phase en ce moment, du moins au niveau de l&apos;&#xe9;criture. Je sais pas s&apos;il y a encore beaucoup de gens qui me lisent mais bon, je poste. Voici un texte un peu &#xe9;trange, pas forc&#xe9;ment de bonne qualit&#xe9; mais y a des mots qui forment des phrases donc on dira que &#xe7;a reste un texte. J&apos;vous en dis pas plus, bonne lecture.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&#xab; C&apos;est quoi, la loi de ce monde ? &#xbb; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L&apos;homme sort un paquet de cigarettes et en porte une &#xe0; ses l&#xe8;vres. Puis, il prend son briquet et l&apos;allume. La premi&#xe8;re bouff&#xe9;e. Lib&#xe9;ratrice. Il expire lentement, la fum&#xe9;e sortant de sa bouche en fines volutes. Puis, enfin, il regarde autour de lui. Il n&apos;y a personne sur la jet&#xe9;e, ce qui est &#xe9;trange pour une belle soir&#xe9;e estivale. A croire que tous les touristes et promeneurs se sont &#xe9;clips&#xe9;s pour que l&apos;homme se retrouve seul avec ses d&#xe9;mons int&#xe9;rieurs et ses pens&#xe9;es tortur&#xe9;es. Tourn&#xe9; vers la ville, il peut entendre au loin sa douce symphonie, celle des voitures, des rires joyeux et des aboiements agressifs. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&#xab; Ouais, agressif. C&apos;est comme &#xe7;a qu&apos;il est, ce monde pourri. Alors c&apos;est quoi, cette putain de loi, hein ? Est-ce qu&apos;il y en a une, au moins ? Est-ce qu&apos;on a vraiment besoin d&apos;une loi ? Je ne parle pas de celles du gouvernement, bien s&#xfb;r. &#xbb; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L&apos;homme ne put s&apos;emp&#xea;cher de glousser et de lever les yeux au ciel en secouant la t&#xea;te. Il avait l&apos;air un peu fou avec ses cheveux sombres lui tombant jusqu&apos;aux &#xe9;paules, &#xe9;bouriff&#xe9;s. Ses yeux hallucin&#xe9;s, d&apos;un bleu si clair qu&apos;on le croyait gris, donnaient l&apos;impression de scruter la nuit d&apos;un regard froid, presque indiff&#xe9;rent. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&#xab; Allez, regardons un peu notre monde. Tu peux me dire que tout est couleur, que tout est forme. J&apos;suis d&apos;accord. Maintenant, ferme les yeux. Ne remarques-tu rien ? Tu devrais. Tout est bruit. O&#xf9; que tu sois, il y aura toujours un son. Le silence n&apos;existe pas. Enfermes-toi dans ta chambre. Tu entendras toujours le son des voitures par les fen&#xea;tres. Va dans une for&#xea;t – pendant qu&apos;il en reste encore -, tu entendras le chant des oiseaux et celui de la nature, bien que ce ne soit pas d&#xe9;sagr&#xe9;able, entre nous. En ville, je t&apos;en parle m&#xea;me pas. Et les sourds alors ? Bah ils ont de la chance. Ils n&apos;entendent rien, encore qu&apos;ils ressentent les vibrations provoqu&#xe9;es par les sons. Personnellement, je pr&#xe9;f&#xe8;rerais &#xea;tre sourd qu&apos;aveugle. Tu fermes les yeux et l&#xe0;... coup&#xe9; du monde. Le pied total. Mieux qu&apos;un shoot d&apos;h&#xe9;ro. Au moins comme &#xe7;a, on a plus &#xe0; supporter l&apos;humanit&#xe9;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parce que je vais te poser une question maintenant. C&apos;est quoi le but de l&apos;humanit&#xe9; ? C&apos;est quoi, ton but dans la vie ? S&#xe9;rieux, t&apos;es content de ta vie l&#xe0; ? T&apos;as un boulot, p&apos;t&#xea;t une femme -si t&apos;as d&apos;la chance et que t&apos;es pas trop boutonneux. Ou alors t&apos;as rien mais l&#xe0; j&apos;parle des gens qui se croient heureux. Remarque, si toi t&apos;y aspires, tu peux te sentir concern&#xe9;. Alors, c&apos;est quoi le bonheur ? Avoir une femme, faire des gosses, gagner du fric et se la p&#xe9;ter aupr&#xe8;s des copains en disant &#xab; Ouais, j&apos;fais de la politique de temps en temps, &#xe7;a m&apos;botte, c&apos;est marrant. &#xbb; ? Ouais, elle est g&#xe9;niale ta vie. Si tu crois &#xe0; &#xe7;a, c&apos;est con pour toi. Enfin, heureusement qu&apos;ils font pas tous de la politique parce que l&#xe0;, on serait foutus. D&#xe9;j&#xe0; que ceux qu&apos;on a l&#xe0;-haut, des fois on a bien envie de se foutre de leur gueule... C&apos;est plus triste que dr&#xf4;le, remarque. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc, j&apos;disais. Si tu penses que ta vie c&apos;est boulot, baise, copains/copines, bah t&apos;as rien compris. T&apos;es au courant que dans &#xab; vivre &#xbb;, y a &#xab; vie &#xbb; ? Et l&#xe0; j&apos;parle pas de perp&#xe9;tuer l&apos;esp&#xe8;ce, hein. Encore que, c&apos;est un noble dessein... Mais est-ce que tu vis pour toi apr&#xe8;s ? Pour les chr&#xe9;tiens, y a un type qui a parl&#xe9; de 7 p&#xe9;ch&#xe9;s capitaux : la paresse, l&apos;orgueil, la gourmandise, la luxure, l&apos;avarice, la col&#xe8;re et l&apos;envie. Je veux bien admettre que profiter de la vie sans p&#xe9;cher, &#xe7;a doit &#xea;tre compliqu&#xe9;. Mais pourquoi tu te prends la t&#xea;te ? Dieu n&apos;existe pas. Tu me crois pas ? Ouvre la fen&#xea;tre et regarde. Si t&apos;es &#xe0; la campagne... Bah regarde-toi dans un miroir. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L&apos;&#xea;tre humain est moche, non ? S&#xe9;rieux, fous-toi &#xe0; poil devant la glace et regarde attentivement. On est pas de la bonne couleur pour passer inaper&#xe7;us, nan ? Enfin sauf les Noirs, la nuit on les voit pas. Sauf s&apos;ils sourient. Nan, observe-toi bien attentivement. On est grands. Pour la plupart, j&apos;veux dire. Vive la discr&#xe9;tion. Notre peau est molle, flasque. Un rien la transperce. Nous sommes lourds, patauds. Notre &#xe9;quilibre est toujours pr&#xe9;caire. Et puis au niveau de la forme, c&apos;est pas tr&#xe8;s harmonieux. On est nettement moins bien pourvus que d&apos;autres esp&#xe8;ces animales. Dieu, s&apos;il existe, a sous-pay&#xe9; les designers et oubli&#xe9; des options. &#xbb; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La cigarette de l&apos;homme est depuis longtemps consum&#xe9;e. Maintenant il est tourn&#xe9; vers la mer, les mains enfonc&#xe9;es dans les poches de son blue-jean, veste sur l&apos;&#xe9;paule. Observant l&apos;&#xe9;tendue bleut&#xe9;e sans la voir et reprenant le cours de ses pens&#xe9;es. Puis, il sort &#xe0; nouveau son paquet et rallume une tige de tabac. La premi&#xe8;re bouff&#xe9;e. Lib&#xe9;ratrice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&#xab; Le seul avantage qu&apos;on a, ce sont nos mains et notre cerveau. Enfin, surtout nos mains parce que le cerveau, on a pas sp&#xe9;cialement appris &#xe0; s&apos;en servir. Nan, j&apos;avoue que nos paluches, elles sont quand m&#xea;me bien pratiques. A la fois instruments de force et de pr&#xe9;cision. Pour soulever des troncs d&apos;arbre ou manipuler un stylo. Quand on sait &#xe9;crire, &#xe9;videmment. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Est-ce que notre cerveau est une b&#xe9;n&#xe9;diction ? J&apos;en suis pas s&#xfb;r. Derri&#xe8;re moi, y a une ville. Ces grands b&#xe2;timents de b&#xe9;ton o&#xf9; on s&apos;entasse tous, c&apos;est intelligent. Ces centrales nucl&#xe9;aires, c&apos;est intelligent. Et puis les armes aussi c&apos;est intelligent, &#xe0; la limite. Par contre se frapper sur la gueule, voire m&#xea;me se tuer pour poss&#xe9;der un lopin de terre ou quelques pi&#xe8;ces de monnaie, &#xe7;a c&apos;est une putain de belle connerie. Et y a que nous pour faire un truc pareil. L&apos;&#xea;tre humain n&apos;est qu&apos;un sale petit connard &#xe9;go&#xef;ste et pr&#xe9;tentieux qui s&apos;amuse &#xe0; d&#xe9;zinguer ses copains pour quasi que dalle. Et &#xe7;a, j&apos;peux te dire que &#xe7;a m&apos;fait bien marrer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout &#xe7;a pour dire que c&apos;est quoi, la loi qui r&#xe9;git ce monde ? La loi du plus fort ? Marche et ferme ta gueule ? T&apos;as la version politique, aussi : &#xab; Ecoute et vote pour moi &#xbb;. Et surtout, cherche pas &#xe0; r&#xe9;fl&#xe9;chir hein, c&apos;est mauvais pour ta sant&#xe9;. Laisse les autres d&#xe9;cider pour toi. Conneries. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc, j&apos;vais pas poser la question une nouvelle fois, j&apos;crois que t&apos;as pig&#xe9; le principe. Moi, j&apos;ai ma r&#xe9;ponse. Mais j&apos;peux pas te la donner. &#xc7;a, c&apos;est la mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle... c&apos;est que m&#xea;me si l&apos;&#xea;tre humain n&apos;est qu&apos;un imb&#xe9;cile, tu peux peut-&#xea;tre trouver ta vision des choses. Garde juste &#xe7;a pour toi hein, sinon on va te prendre pour un original apr&#xe8;s. Comme moi. Si tu tiens &#xe0; tes amis, ferme ta gueule et subis. Si t&apos;en as rien &#xe0; foutre... &#xbb; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L&apos;homme a toujours les yeux dans le vague. Il jette un coup d&apos;œil &#xe0; sa cigarette et la laisse choir sur le sol. D&apos;un coup de talon, il l&apos;&#xe9;teint et, dans le m&#xea;me mouvement, quitte la gr&#xe8;ve. &lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;+0&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;(&#xa9; Forge-R&#xea;ves, 2009)&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 10 Sep 2009 14:55:00 GMT</pubDate></item><item><title>M&#xe9;lancolie africaine</title><dc:creator>Forge_Reves</dc:creator><link>http://forgereves.canalblog.com/archives/2009/04/15/13399735.html</link><category>Carnets d&apos;&#xe9;criture</category><comments>http://forgereves.canalblog.com/archives/2009/04/15/13399735.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://forgereves.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/13399735/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://forgereves.canalblog.com/archives/2009/04/15/13399735.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;Bonjour &#xe0; tous. D&#xe9;sol&#xe9; pour mon absence prolong&#xe9;e mais j&apos;ai une excuse : les gr&#xe8;ves universitaires, blocages et autres protestations en tous genres... Nan, c&apos;est pas une excuse en fait. Au programme, l&apos;ach&#xe8;vement de la seconde partie de Cheveux Blancs. Et ce petit texte qui vient couronner quelques mois d&apos;&#xe9;criture. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C&apos;est un texte que l&apos;on m&apos;a demand&#xe9;, sur le th&#xe8;me de ce que j&apos;ai v&#xe9;cu pendant mes voyages humanitaires au Mali. Il est destin&#xe9; &#xe0; &#xea;tre enregistr&#xe9; oralement par moi-m&#xea;me et &#xe0; para&#xee;tre sur un CD qui sera mis en vente par nos soins. Bonne lecture !&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il n&apos;a pas pleur&#xe9;, lui. Et moi, aujourd&apos;hui encore, m&#xea;me huit mois apr&#xe8;s, je peine &#xe0; ne pas verser de larmes en repensant &#xe0; lui. Ce petit enfant qui, au fin fond de la brousse africaine, &#xe9;tait allong&#xe9; sur un simple matelas de mousse. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ferme tes yeux, laisse-toi aller. Laisse-moi te conter cette histoire. La r&#xe9;alit&#xe9; de l&apos;Afrique. Une de ses v&#xe9;rit&#xe9;s.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sous tes pieds crisse la terre battue, m&#xea;l&#xe9;e de sable. Tu ouvres la grande barri&#xe8;re verte, en fer, pour entrer dans l&apos;enceinte du dispensaire sous la chaleur accablante. Tu marches tranquillement vers le b&#xe2;timent beige, le b&#xe2;timent des consultations. Tu passes devant deux patients qui attendent que le travail reprenne apr&#xe8;s la courte pause du midi. Une femme essaie d&apos;allaiter son enfant mais celui-ci a l&apos;air un peu absent. Tu penses qu&apos;il a simplement besoin d&apos;&#xea;tre r&#xe9;hydrat&#xe9;. L&apos;autre patient te montre une plaie au bras et tient un petit sac noir. S&#xfb;rement quelques compresses, un vaccin anti-t&#xe9;tanique, peut-&#xea;tre. &#xc7;a va &#xea;tre pour toi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu tournes &#xe0; droite pour entrer dans la salle de consultation puis &#xe0; gauche, la salle d&apos;examen. Tu d&#xe9;poses ton sac, en sors ta blouse et l&apos;enfile rapidement. Une blouse blanche alors que tu n’as que 18 ans, en premi&#xe8;re ann&#xe9;e de m&#xe9;decine. Tu prends une bouteille d&apos;eau et humecte tes l&#xe8;vres. La journ&#xe9;e va &#xea;tre longue. Tu fouilles dans ta poche et en extrais un petit flacon en plastique contenant du savon antiseptique. Tu en d&#xe9;poses une petite noix dans la paume de ta main avant de frotter &#xe9;nergiquement. L&apos;odeur ent&#xea;tante de l&apos;alcool te parvient aux narines. Tes mains sont s&#xe8;ches, tu peux sortir : il est l&apos;heure. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu sors de la salle et tu vois que l&apos;homme &#xe0; la plaie a d&#xe9;j&#xe0; disparu. Tu passes la t&#xea;te dans la salle d&apos;op&#xe9;ration, une simple pi&#xe8;ce s&#xe9;par&#xe9;e en deux, pour les piq&#xfb;res &#xe0; droite et pour les op&#xe9;rations &#xe0; gauche. L&apos;homme est dans la partie de gauche en compagnie d&apos;un infirmier qui a d&#xe9;j&#xe0; commenc&#xe9; &#xe0; nettoyer la plaie. Tu t&apos;approches sans un mot et l&apos;infirmier, dont le cr&#xe2;ne ras&#xe9; se couvre d&#xe9;j&#xe0; de sueur, te tend en souriant un morceau de coton imbib&#xe9; d&apos;alcool. Tu le prends entre tes doigts et commence &#xe0; nettoyer la blessure purulente. De l&apos;int&#xe9;rieur vers l&apos;ext&#xe9;rieur, gr&#xe2;ce &#xe0; de petits mouvements circulaires. Ne jamais retourner vers l&apos;int&#xe9;rieur. L&apos;op&#xe9;ration dure plusieurs minutes. L&apos;infirmier hoche la t&#xea;te doucement et bande la blessure. Il fait passer le patient dans la partie de droite. Tu prends le sac en plastique noir et en sors une petite ampoule jaune ainsi qu&apos;une seringue contenue dans un sachet st&#xe9;rile. Tu brises le bout de la capsule. De la quinine, un antipalud&#xe9;en. Tu d&#xe9;chires le plastique pour lib&#xe9;rer la seringue, y ajuste l&apos;aiguille avant de la plonger dans l&apos;ampoule et d&apos;extraire le produit. L&apos;infirmier demande au patient s&apos;il pr&#xe9;f&#xe8;re avoir l&apos;injection dans la cuisse ou dans la fesse. Quelle importance, ce sera la fesse. Tu lui demandes de s&apos;asseoir et de baisser son pantalon. Tu prends le morceau de coton tendu par l&apos;infirmier et traces les rep&#xe8;res habituels. Fesse s&#xe9;par&#xe9;e en quatre, tu piques dans la partie sup&#xe9;rieure et externe. Tu injectes doucement le produit avant de retirer l&apos;aiguille d&apos;un geste sec et presses le coton sur la minuscule insertion. Tu indiques au patient de prendre le relais avant de jeter l&apos;ampoule vide ainsi que la seringue. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu sors de la pi&#xe8;ce, du savon antiseptique plein les mains, et tournes &#xe0; droite pour entrer dans la salle de repos. La m&#xe8;re et son enfant ont &#xe9;t&#xe9; rejoints par le p&#xe8;re. Tous trois sont assis sur le lit central, entour&#xe9;s du m&#xe9;decin, d&apos;un infirmier et d&apos;une stagiaire blanche. L&apos;enfant a le bras gauche garrott&#xe9; et l&apos;infirmier essaie de rep&#xe9;rer une veine pour faire la transfusion. Tu observes le liquide dans la bouteille : il est un peu jaun&#xe2;tre. De la quinine, encore. L&apos;infirmier dit un mot, d&apos;un ton grave. Un juron, certainement. Il pique une fois, secoue la t&#xea;te. Il a manqu&#xe9; la veine. Il pique, encore et encore. Tu es impuissant : tu ne sais pas faire d&apos;intraveineuse. Tu n&apos;es d&apos;aucune utilit&#xe9;. Tu ne peux m&#xea;me pas tenir l&apos;enfant : il ne bouge presque pas. Sa respiration est sifflante. Les parents de l&apos;enfant t&apos;observent. Ils doivent se demander pourquoi tu ne fais rien alors que tu aides dans la salle d&apos;op&#xe9;ration. Tu d&#xe9;tournes les yeux vers leur enfant, allong&#xe9; sur le matelas en mousse simplement recouvert d&apos;une b&#xe2;che en plastique gris-noir. Il est pass&#xe9; au bras droit pour chercher une autre veine. Apr&#xe8;s avoir piqu&#xe9; plusieurs fois, il abandonne et passe le garrot &#xe0; la jambe gauche. Le pied d&#xe9;licat de l&apos;enfant tressaute lentement et la stagiaire blanche le prend dans sa main pour &#xe9;viter qu&apos;il ne bouge. L&apos;infirmier pousse un nouveau juron. De la sueur recouvre maintenant ses tempes pendant qu&apos;il plante l&apos;aiguille plusieurs fois dans la jambe de l&apos;enfant. Tu es hypnotis&#xe9; par son travail. Il n&apos;y arrive pas. Tu es frustr&#xe9; et triste &#xe0; la fois. Le m&#xe9;decin se l&#xe8;ve et sort de la salle. L&apos;infirmier plante l&apos;aiguille une nouvelle fois, puis une autre. Le m&#xe9;decin revient avec une autre poche en plastique. De l&apos;eau glucos&#xe9;e dans laquelle il plante une seringue de quinine. Il l&apos;accroche &#xe0; une potence et plante l&apos;aiguille dans le ventre de l&apos;enfant, en sous-cutan&#xe9;e. Le m&#xe9;lange forme une poche sous la peau du b&#xe9;b&#xe9; et peine &#xe0; se diffuser dans son organisme. L&apos;infirmier ne trouve pas de veine et place la perfusion en sous-cutan&#xe9;e &#xe0; son tour avant de sortir de la pi&#xe8;ce. L&apos;ultime alternative &#xe0; l&apos;intraveineuse. Son travail est termin&#xe9;, l&apos;enfant est impiquable. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toi qui croyais en la m&#xe9;decine, tu te rends compte qu&apos;il y a des cas o&#xf9; il n&apos;y a rien &#xe0; faire. O&#xf9; tu ne peux qu&apos;observer, incapable, la mort voler des &#xe2;mes. La respiration de l&apos;enfant se fait rauque. Tu ne peux d&#xe9;faire tes yeux du ventre de celui-ci, qui peine encore &#xe0; se soulever, gonfl&#xe9; par les deux solutions qui se diffusent lentement. Plusieurs minutes passent. Tu sens les regards des deux parents se poser sur toi. La femme a un boubou bleu, le p&#xe8;re une chemise blanche -tu t&apos;en souviendras toujours. Tu ne peux plus supporter leurs regards et sors de la pi&#xe8;ce. Tu descends les marches du dispensaire et te diriges, sonn&#xe9;, vers un banc, non loin de l&#xe0;. Tu restes prostr&#xe9;, te raccrochant &#xe0; un unique espoir : voir cet enfant repartir vivant et souriant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu entends des pas crisser sur la terre battue, m&#xea;l&#xe9;e de sable. Puis des pleurs. Tu rel&#xe8;ves la t&#xea;te. Les deux parents tiennent un paquet de b&#xe2;che bleue. Leur chair, leur enfant. Frapp&#xe9; de plein fouet par le paludisme. Tes yeux &#xe9;carquill&#xe9;s ne peuvent se d&#xe9;tourner de la sc&#xe8;ne, la m&#xe8;re pleurant &#xe0; chaudes larmes et le p&#xe8;re, triste mais digne devant la mort. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu n&apos;avais jamais vu la mort auparavant. Tu savais simplement que cela &#xf4;tait la vie de quelqu&apos;un mais tu ne l&apos;avais jamais vue &#xe0; l&apos;œuvre. Et l&#xe0;, un enfant que tu as vu quelques instants plus t&#xf4;t est d&#xe9;c&#xe9;d&#xe9;. Sans vie. Une simple poche sans aucun contenu. Un &lt;em&gt;cadavre&lt;/em&gt;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu rentres au campement en titubant. Tu as pr&#xe9;f&#xe9;r&#xe9; rentrer seul, perdu dans tes pens&#xe9;es. Tu erres dans la brousse et, d&apos;un seul coup, &#xe9;clates en larme. Tu es incapable de crier. Tu t&apos;es simplement rendu compte que la vie peut &#xea;tre &#xe9;ph&#xe9;m&#xe8;re, qu&apos;on peut la perdre n&apos;importe quand, n&apos;importe o&#xf9;. On est tous les m&#xea;mes face &#xe0; elle. Face &#xe0; la mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu&apos;a-t-il manqu&#xe9; ? Jamais il ne conna&#xee;tra la joie de jouer avec ses camarades. Jamais il n&apos;ira &#xe0; l&apos;&#xe9;cole apprendre le fran&#xe7;ais ou les math&#xe9;matiques. Jamais il ne s&apos;&#xe9;merveillera devant ces toubabous, ces blancs qui viennent les aider alors qu&apos;ils habitent si loin. Toi, tu es venu avec tes convictions, tu repars sans illusions. Dans quelques jours, tu rentreras en France et tu reprendras ta confortable petite vie… &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu te rel&#xe8;ves et reprends ta route. Pour lui, tu ne pleureras plus. Lui n&apos;a pas pleur&#xe9;. Mais &#xe7;a ne t’emp&#xea;chera pas de revenir, gr&#xe2;ce &#xe0; lui et pour tous les autres. Il y a tant de choses &#xe0; vivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien s&#xfb;r que l&apos;Afrique est un continent merveilleux. Mais il est aveugle aussi. Il tue sans distinction : hommes, femmes, enfants. Aussi col&#xe9;rique qu&apos;accueillant, il nous marque... &#xe0; vie. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;+0&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;(&#xa9; Forge-R&#xea;ves, 2009)&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 15 Apr 2009 21:16:00 GMT</pubDate></item><item><title>Agonie</title><dc:creator>Forge_Reves</dc:creator><link>http://forgereves.canalblog.com/archives/2008/12/30/11907208.html</link><category>Carnets d&apos;&#xe9;criture</category><comments>http://forgereves.canalblog.com/archives/2008/12/30/11907208.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://forgereves.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/11907208/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://forgereves.canalblog.com/archives/2008/12/30/11907208.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;Bon, j&apos;ai assez parl&#xe9; dans mon pr&#xe9;c&#xe9;dent message alors... Bonne lecture !&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un jour, je d&#xe9;cidai de na&#xee;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Alors, seules deux couleurs dominaient : le gris et le bleu. Le sol &#xe9;tait en pierre, sorte de cro&#xfb;te immuable que rien ne pouvait atteindre. Le bleu, on le trouvait uniquement dans le ciel, une &#xe9;tendue pure et unie. Le seul mouvement qu’on pouvait percevoir &#xe9;tait celui de cet astre blanc qui errait dans le ciel, observant avec ennui cette boule de glaise immobile. Car &#xe0; part cette r&#xe9;volution, rien ne bougeait ; tout &#xe9;tait mort. Mais mon arriv&#xe9;e bouleversa cet &#xe9;quilibre archa&#xef;que. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J’observai les environs et trouvai le monde bien ennuyeux. Ce monde immuable &#xe9;tait trop morne. Je d&#xe9;cidai de changer cela. Je laissai vagabonder mon esprit au ras de la pierre grise et pris conscience de mes pouvoirs, lentement. Soudain, je compris. J’allais cr&#xe9;er de la vie. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Forte de cette nouvelle conviction, je m’&#xe9;brouai et me r&#xe9;chauffai tant et si bien que de la vapeur sortit de mon corps. Celle-ci s’&#xe9;leva lentement dans les airs et forma des amas que je nommai &#xab; nuages &#xbb;. Le vide se remplit peu &#xe0; peu de cette vapeur et lorsque la pression devint trop forte, ces nuages &#xe9;clat&#xe8;rent en des milliards de petites gouttes d’un liquide transparent. De l’eau. Cette eau remplit les crevasses dans la pierre, caus&#xe9;es par des m&#xe9;t&#xe9;orites qui &#xe9;taient tomb&#xe9;s sur le monde. Peu &#xe0; peu, des mers se form&#xe8;rent &#xe0; la surface mais le liquide s’enfon&#xe7;a &#xe9;galement dans le sol. La pierre qui &#xe9;tait rest&#xe9;e &#xe9;merg&#xe9;e se fissura et certains blocs partirent &#xe0; la d&#xe9;rive sur les oc&#xe9;ans. Enfin, tout s’arr&#xea;ta. J’avais cr&#xe9;&#xe9; mon creuset, mon athanor ; je repris alors mes travaux initiaux : cr&#xe9;er de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Une force m’envahit alors, une bouff&#xe9;e de fra&#xee;cheur que j’exhalai. Je tendis les mains, m&#xfb; par une sensation &#xe9;trange et de petites formes apparurent lentement. Je me penchai et les observai : c’&#xe9;taient de simples petites lignes d’une couleur qui n’existait pas encore. Du &#xab; vert &#xbb;, de l’&#xab; herbe &#xbb;. Je me rendis compte alors qu’elle d&#xe9;gageait un doux parfum qui me revigora. L’herbe respirait ! J’avais cr&#xe9;&#xe9; de la vie ! La fiert&#xe9; s’empara de moi et je poursuivis mon œuvre. Je modelai des arbres, des buissons et des choses que je pus manger : des fruits, des l&#xe9;gumes. Je me nourrissais de mes cr&#xe9;ations et cette fi&#xe8;vre artistique empira. Je devins bient&#xf4;t enti&#xe8;rement d&#xe9;pendante de ce que je r&#xe9;alisais. Il ne se passait pas une journ&#xe9;e sans que je ne mange une partie de mes œuvres. Je le savais, pour &#xe9;tancher cette soif il me fallait donner la vie &#xe0; quelque de plus grandiose encore, quelque chose de plus vivant que ces arbres qui ne bougeaient que gr&#xe2;ce au vent. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je tombai malade : ce qui &#xe9;tait vert ne me suffisait plus &#xe0; me rendre de l’&#xe9;nergie. Durant des ann&#xe9;es enti&#xe8;res, je travaillai sur un nouveau projet. Tous mes pouvoirs passaient dedans et je ne pouvais m’arr&#xea;ter une seule seconde pour me nourrir. Il me fallait continuer. Jusqu’&#xe0; ce que, enfin, je cr&#xe9;ai une chose. Une toute petite entit&#xe9;, une simple id&#xe9;e que j’allais &#xe9;lever et faire grandir. La t&#xe2;che &#xe9;tait compliqu&#xe9;e : je n’avais jamais rien cr&#xe9;&#xe9; de si complet. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Si cr&#xe9;er de l’herbe et des arbres &#xe9;tait simple… cr&#xe9;er un v&#xe9;ritable &#xea;tre vivant &#xe9;tait beaucoup plus difficile. Cependant j’y arrivai et bient&#xf4;t, le premier &#xab; organisme &#xbb; fut cr&#xe9;&#xe9;. Je la regardai muter au fur et &#xe0; mesure de sa vie jusqu’&#xe0; ce que je ne puisse plus supporter : je la d&#xe9;vorai. Mais j’avais compris comment les r&#xe9;aliser, si bien que je me remis au travail et que je cr&#xe9;ai une multitude de nouveaux &#xab; poissons &#xbb;. Je commen&#xe7;ai par des choses simples, capara&#xe7;onn&#xe9;s de la t&#xea;te &#xe0; la queue puis leur donnai plus d’esth&#xe9;tisme et de vitesse. Je remarquai bient&#xf4;t que les plus faibles avaient tendance &#xe0; se faire manger par les plus forts et les plus rapides. Je donnai &#xe0; chacun des moyens de d&#xe9;fense efficaces pour &#xe9;viter que tous ne meurent d&#xe8;s le d&#xe9;but de leur vie.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Chacune de ces esp&#xe8;ces &#xe9;volua. Certaines disparurent, d’autres naquirent. Lorsqu’une esp&#xe8;ce devenait trop puissante, j’intervenais pour la d&#xe9;truire et recommencer mon œuvre. J’utilisai cette technique pour &#xe9;liminer les &#xab; dinosaures &#xbb;. Ma supr&#xe9;matie &#xe9;tait sans faille, j’avais le droit de vie et de mort sur toutes mes cr&#xe9;ations. Le monde n’&#xe9;tait qu’un vaste jeu dont j’&#xe9;tais la seule et unique ma&#xee;tresse. Je me nommai &#xab; Nature &#xbb;, un mot qui rappelait toute ma puissance et ma souverainet&#xe9; incontest&#xe9;e.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Jusqu’au jour o&#xf9; une nouvelle cr&#xe9;ature apparut. Elle se regroupa rapidement avec ses cong&#xe9;n&#xe8;res dans des grottes dont elle chassa les occupants. Au d&#xe9;but, elle &#xe9;tait comme tous les animaux que j’avais d&#xe9;j&#xe0; cr&#xe9;&#xe9;s : faible et gauche, elle ne savait que ramasser des baies et autres fruits afin de survivre. C’&#xe9;tait l’&#xab; humain &#xbb;. Mais peu &#xe0; peu, cet humain se mit &#xe0; faire des choses &#xe9;tranges : il prit un silex et l’attacha &#xe0; l’aide d’une liane au bout d’un b&#xe2;ton. Ce fut l’une des premi&#xe8;res inventions de l’homme, qui se mit alors &#xe0; chasser. Il d&#xe9;couvrit &#xe9;galement le feu, puis l’&#xe9;levage. L’homme &#xe9;tait un animal intelligent mais destructeur. Il &#xe9;tait presque aussi intelligent que moi, m&#xea;me si nous n’avions pas le m&#xea;me objectif. Je cr&#xe9;ais, il tuait. J’&#xe9;tais curieuse. Curieuse de voir jusqu’o&#xf9; pouvait aller cette nouvelle esp&#xe8;ce qui &#xe9;voluait rapidement. Je la laissai en vie. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je m’aper&#xe7;us alors qu’&#xe0; chaque fois que l’humain tuait, je me sentais rassasi&#xe9;e. J’&#xe9;tais soulag&#xe9;e. Je ne compris que bien tard que j’avais mis une trop grande partie de moi-m&#xea;me dans ces inventions. Ces humains… chacun d’entre eux m’avait vol&#xe9; une part de mes pouvoirs. Certains s’en servaient pour cr&#xe9;er, &#xe9;lever des b&#xea;tes, cultiver des plantes, r&#xe9;aliser des objets utiles ou artistiques. D’autres choisissaient la voie de la destruction, pillaient les fermes, d&#xe9;truisaient leurs r&#xe9;coltes, violaient les femmes et, lorsqu’ils &#xe9;taient de bonne humeur, &#xe9;gorgeaient simplement les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cependant, gr&#xe2;ce aux morts que l’humain m’offrait, je n’avais plus besoin de tuer mes propres œuvres : il faisait cela tout seul. Un &#xe9;quilibre avait &#xe9;t&#xe9; atteint et je n’avais plus besoin d’intervenir dans ce monde. Je le croyais sinc&#xe8;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Lorsque l’humain fit de nouvelles trouvailles, il voulut cr&#xe9;er des &#xab; religions &#xbb;. Chacun d’entre eux me vouait un culte. J’avais plusieurs noms : Zeus, Isis, Astart&#xe9;, Quetzalc&#xf3;atl et d’autres encore. Avec ces dieux, l’humain cr&#xe9;a des &#xab; civilisations &#xbb;. Alors que, jusqu’ici, chacun de ses individus &#xe9;tait semblable, ils commenc&#xe8;rent &#xe0; se diversifier. Diff&#xe9;rents modes de vie apparurent, nomade, s&#xe9;dentaire, opulent, vivrier. L’humain n’&#xe9;tait plus un &#xea;tre uniforme. J’avais d&#xe9;j&#xe0; pu observer cela chez certaines esp&#xe8;ces comme le singe. Ce dernier avait mut&#xe9; mais leurs habitudes &#xe9;taient rest&#xe9;es semblables. Chez l’humain, c’&#xe9;tait totalement diff&#xe9;rent, nouveau. C’est comme si de nouvelles esp&#xe8;ces humaines &#xe9;taient n&#xe9;es. Au d&#xe9;but, tout &#xe9;tait pacifique, chacun restait dans son coin. Mais la soif de pouvoir et de connaissances les gagna et leur fit &#xe9;largir leurs fronti&#xe8;res. Il combattit ses pairs, pour des terres, pour des ressources. Il tuait toujours, tant et si bien que j’&#xe9;tais toujours repue – je ne savais plus ce qu’&#xe9;tait la faim.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les panth&#xe9;ons multiples disparurent bient&#xf4;t, chaque peuple d&#xe9;cidant de me louer dans mon int&#xe9;gralit&#xe9;. L’humain me nomma Yahv&#xe9;, Dieu. D’autres n’osaient pas me donner de nom. Cela me plaisait. En &#xe9;change de leur soumission, je leur donnais des cadeaux, leur offrait de bonnes r&#xe9;coltes. D&#xe8;s qu’ils me contrariaient, je leur envoyais une temp&#xea;te pour d&#xe9;cimer leurs champs. Je pouvais &#xe9;galement convaincre des dirigeants d’autres pays de leur faire la guerre. J’avais tout pouvoir sur les hommes. Malgr&#xe9; leur intelligence, ils ne restaient que des jouets, ais&#xe9;ment manipulables. Entre temps, ils trouv&#xe8;rent de nouvelles m&#xe9;thodes de cultures, r&#xe9;coltaient de nouveaux m&#xe9;taux pour cr&#xe9;er des objets in&#xe9;dits. Il inventa la monnaie, des petits bouts de m&#xe9;tal qui avaient une valeur selon leur masse. Chaque ville cr&#xe9;a ses propres pi&#xe8;ces, avec des formes et des dessins grav&#xe9;s dessus. Outil &#xe9;conomique et politique, montrant la puissance de la terre o&#xf9; elle avait &#xe9;t&#xe9; fabriqu&#xe9;e.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L’humain inventa sans cesse, m&#xfb; par la curiosit&#xe9; – par l’argent et le pouvoir, &#xe9;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L’humain est devenu fou. Il se fait la guerre, encore, toujours. Mais cette fois, ce sont des massacres, o&#xf9; m&#xea;me les non-soldats se font tuer, sans piti&#xe9; aucune ni remords. Plus de conflits ouverts, que des guerres sales, o&#xf9; les soldats p&#xe9;n&#xe8;trent dans des immeubles de b&#xe9;ton et fusillent tout, sans distinguer les militaires et les civils. Seules les statistiques importent. Mais ces cas sont tout de m&#xea;me rares. La plupart du temps, l’humain reste cach&#xe9; derri&#xe8;re toute une batterie de boutons et de manettes. D&#xe8;s qu’il appuie quelque part, des explosions retentissent, des chiffres suivent aussit&#xf4;t. &#xab; Vingt-sept morts, tr&#xe8;s beau tir &#xbb;. Les morts ne me rassasient plus. Elles me d&#xe9;go&#xfb;tent.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je suis d&#xe9;figur&#xe9;e. Bouffie, avachie, d&#xe9;truite. Et surtout, impuissante. J’ai essay&#xe9; de les tuer, pourtant. J’ai envoy&#xe9; la mer &#xe0; l’assaut de leurs constructions, je provoque des coul&#xe9;es de boue, des avalanches puis, des &#xe9;ruptions volcaniques, des tremblements de terre, des ouragans. Je voulais lui faire entendre raison, d&#xe9;truire des vies pour lui montrer sa mis&#xe9;rable condition d’humain. Mais il ne m’&#xe9;coute plus, ne me v&#xe9;n&#xe8;re plus. Je ne suis devenue qu’une contrainte pour lui. Ma cr&#xe9;ation m’assassine, lentement. Ses forets m&#xe9;caniques p&#xe9;n&#xe8;trent de plus en plus profond dans le sol, ses usines polluent les mers, d&#xe9;truisent les autres &#xea;tres vivants. Des jungles enti&#xe8;res sont d&#xe9;cim&#xe9;es par des mains avides de nouvelles terres, de nouvelles richesses. L’homme a &#xe9;volu&#xe9; de par ses techniques mais sa mentalit&#xe9; est toujours la m&#xea;me depuis ce qu’il appelle Antiquit&#xe9;, alors qu’il se croit plus m&#xfb;r, plus responsable de ce qui l’environne. S’il se sentait vraiment responsable et intelligent, il aurait arr&#xea;t&#xe9; de d&#xe9;truire. Seul l’argent et le pouvoir comptent.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cependant, le r&#xe8;gne de l’humain va s’achever. Je suis la Nature, sa cr&#xe9;atrice. Il m’assassine, je ne peux rester l&#xe0; sans rien faire. Si l’humain ne veut plus m’&#xe9;couter… qu’il soit annihil&#xe9;. Alors qu’il tue son semblable, invente sans cesse de nouveaux moyens de d&#xe9;truire son univers, il prend trop de temps pour tout an&#xe9;antir. Le premier acte fut la cr&#xe9;ation du monde. Le second acte fut l’apparition de l’humain. Le troisi&#xe8;me acte raconte ma r&#xe9;bellion ; je prends les armes contre mes cr&#xe9;ations. Coul&#xe9;es de boue et inondations, tremblements de terre et &#xe9;ruptions volcaniques, raz-de-mar&#xe9;e et cyclones, symboles constants de ma col&#xe8;re. Mais l’humain est fort, il r&#xe9;siste &#xe0; mes tentatives pour le d&#xe9;truire.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quatri&#xe8;me et dernier acte : l’Agonie. Il n’est pas trop tard pour d&#xe9;clencher la derni&#xe8;re œuvre de la Nature. Je provoquerai la Derni&#xe8;re Bataille, celle qui provoquera la d&#xe9;faite de l’humain et ma mort – je ne saurais lui survivre. Puisse mon successeur cr&#xe9;er de meilleures œuvres. Qu’il en soit ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font&gt;&lt;em&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;(&#xa9; Forge-R&#xea;ves, 2008)&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 30 Dec 2008 13:00:00 GMT</pubDate></item><item><title>Excuses...</title><dc:creator>Forge_Reves</dc:creator><link>http://forgereves.canalblog.com/archives/2008/12/30/11907098.html</link><comments>http://forgereves.canalblog.com/archives/2008/12/30/11907098.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://forgereves.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/11907098/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://forgereves.canalblog.com/archives/2008/12/30/11907098.html</guid><description>&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;text-indent: 35.45pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;Blah ! J&apos;vais finir par m&apos;excuser au d&#xe9;but
de chaque article mais bon... Excusez-moi &#xe0; nouveau, donc, pour cette absence
tr&#xe8;s beaucoup bien prolong&#xe9;e. 30 d&#xe9;cembre, motiv&#xe9;, bam ! article. J&apos;en profite
pour souhaiter un Joyeux No&#xeb;l &#xe0; tous ceux qui passent encore sur mon blog (les
autres aussi mais un peu moins quand m&#xea;me, faut pas abuser). Et bonne ann&#xe9;e en
avance, comme &#xe7;a c&apos;est fait. Allez, comme j&apos;suis en train de vous raconter ma
vie (&#xe7;a change de d&apos;habitude), je vous pr&#xe9;viens juste qu&apos;un autre projet est en
route... avec un titre sympa (brosse &#xe0; reluire, je t&apos;aime) : &lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;font&gt;Souffle Pourpre&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;em&gt;. Dont
le premier chapitre arrivera sous peu. Et maintenant, rien que pour vos petits
yeux, un nouveau texte ! Voir l&apos;article suivant (enfin pr&#xe9;c&#xe9;dent, vu que &#xe7;a
marche &#xe0; l&apos;envers ici...) !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
</description><pubDate>Tue, 30 Dec 2008 12:49:00 GMT</pubDate></item><item><title>Au bord du vide</title><dc:creator>Forge_Reves</dc:creator><link>http://forgereves.canalblog.com/archives/2008/08/15/10247390.html</link><comments>http://forgereves.canalblog.com/archives/2008/08/15/10247390.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://forgereves.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/10247390/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://forgereves.canalblog.com/archives/2008/08/15/10247390.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;Bon, tout d&apos;abord je tenais &#xe0; vous pr&#xe9;senter mes excuses pour cette absence prolong&#xe9;e, pour cause de voyages (au pluriel) et de travail (au singulier mais tout de m&#xea;me prenant). Bref, je vous envoie ce texte, totalement diff&#xe9;rent de l&apos;&lt;/em&gt;Introspection &lt;em&gt;malgr&#xe9; un titre proche&lt;/em&gt;.&lt;em&gt; En esp&#xe9;rant qu&apos;il vous plaise... Bonne lecture !&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Calibri&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Au bord du vide. Fin d’un monde. De mon monde. Les yeux ferm&#xe9;s, le gouffre me tend les bras, une boule se forme dans mon ventre. Un vent chaud se glisse contre ma joue, caresse mes cheveux, fr&#xf4;le mes &#xe9;paules. Les entrailles de la terre elle-m&#xea;me me d&#xe9;crivent des plaisirs qui m’&#xe9;taient jusque-l&#xe0; interdits. Elle me promet mille choses plus d&#xe9;licieuses les unes que les autres, &#xe9;branlant ma volont&#xe9;. Elle veut m’attirer contre elle, en son giron qu’elle annonce si chaud, si accueillant. Ces mots qu’elle me susurre &#xe0; l’oreille me paralysent et m’app&#xe2;tent. Imagination. Autour de moi, j’essaie de percevoir un paysage de plaines, le chant des oiseaux, l’odeur de la nature, le go&#xfb;t de fruits exotiques. Cet univers me capture et m’envahit, m’immerge dans un kal&#xe9;idoscope d’images se t&#xe9;lescopant, en&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;une explosion de nuances et d’effluences. Je m’enfonce dans cette vision mais elle me rattrape. R&#xe9;alit&#xe9;.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify;&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Calibri&quot; size=&quot;3&quot;&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Calibri&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Au bord du vide. Fin d’un monde. De mon monde. La roche qui m’entoure se creuse pour former ce gouffre dont le fond &#xe9;chappe &#xe0; mon entendement. Tout n’est que profondeur. Cet endroit n’est que terreur et il s’empare de moi. Mon cœur acc&#xe9;l&#xe8;re sa cadence. Mon corps se r&#xe9;chauffe et se met &#xe0; vibrer, lentement d’abord puis fr&#xe9;n&#xe9;tiquement. Le noir prend place autour de moi mais mes mains sont inutiles &#xe0; le repousser. Je l&#xe8;ve les bras pour combattre mais mon &#xe9;quilibre pr&#xe9;caire m’emp&#xea;che de terminer mon geste. Br&#xfb;lure. Un jet noir, acide, sort de ma bouche et sombre dans le vide. Ma gorge est enflamm&#xe9;e par la bile et ma respiration se fait sifflante. La mort serait ma seule lib&#xe9;ration mais elle me laisse l&#xe0;, encha&#xee;n&#xe9; par la peur, le vertige, qui m’emp&#xea;che de faire le pas qui pourrait me sauver. Elle me retient l&#xe0;, les yeux &#xe9;carquill&#xe9;s, le souffle court, les oreilles bourdonnantes, les mains fr&#xe9;missantes. Chute.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify;&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Calibri&quot; size=&quot;3&quot;&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Calibri&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Au bord du vide. Fin d’un monde. De mon monde. Le souffle chaud se retourne contre moi et me montre son v&#xe9;ritable visage. Un vent gla&#xe7;ant, uniquement motiv&#xe9; par la perspective de me voir mourir, par l’envie de poss&#xe9;der mon corps et mon &#xe2;me pour lui seul. Les rochers noirs qui me percutent m’annoncent une infinit&#xe9; de choses horribles. J’exhorte d&#xe9;sesp&#xe9;r&#xe9;ment mes mains de les rosser pour les faire taire mais elles ne peuvent les atteindre, paralys&#xe9;es par un liquide poisseux. J’ai l’impression de voler mais je ne peux contr&#xf4;ler ma trajectoire, ballott&#xe9; &#xe0; tout-va par les courants d’air qui ne me laissent aucun r&#xe9;pit, aucune chance d’&#xe9;chapper &#xe0; mon sort. La terreur me fait vomir &#xe0; nouveau mais rien ne sort plus de ma bouche enflamm&#xe9;e. Avec un soupir de soulagement, le sol se profile devant moi. Les voix s’arr&#xea;tent brusquement. Douleur. Mort. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span =&quot;font-size: 8pt; font-family: &quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;(&#xa9; Forge-R&#xea;ves, 2008)&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 15 Aug 2008 19:14:31 GMT</pubDate></item><item><title>Sacrifices</title><dc:creator>Forge_Reves</dc:creator><link>http://forgereves.canalblog.com/archives/2008/05/03/9046529.html</link><category>Carnets d&apos;&#xe9;criture</category><comments>http://forgereves.canalblog.com/archives/2008/05/03/9046529.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://forgereves.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/9046529/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://forgereves.canalblog.com/archives/2008/05/03/9046529.html</guid><description>
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;&#xab; Eh, Zakk ! &#xbb;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;L’interpell&#xe9; l&#xe8;ve
la t&#xea;te. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;&#xab; Quoi Nalkair
? &#xbb;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;Le d&#xe9;nomm&#xe9; Zakk
regarde autour de lui, &#xe0; la recherche d’un esclavagiste. N’en voyant aucun, il
plante sa pelle dans le sol et s’y accoude.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;&#xab;&amp;nbsp; Bon alors
vas-y, qu’est-ce que tu veux savoir ? Dis quelque chose, merde ! &#xbb;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;L’autre ne r&#xe9;pond
pas et continue de retourner consciencieusement la terre meuble, l’air g&#xea;n&#xe9;
d’avoir d&#xe9;rang&#xe9; son compagnon. Une cloche sonne. Un contrema&#xee;tre appara&#xee;t dans
la serre et hurle :&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;&#xab; C’est
l’heure de la pause ! Vous avez quinze minutes ! Tu f’sais quoi
toi, tu travaillais pas ? &#xbb;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;Zakk invente
rapidement une excuse, comme quoi il montrait &#xe0; son camarade qu’il ne faisait
pas bien son travail et l’esclavagiste se retire, leur jetant un regard suspicieux.
Nalkair soupire, plante &#xe0; son tour son outil dans la terre meuble, essuie la
sueur de son front avec un pan de sa chemise et s’assied par terre alors que
Zakk le rejoint. Tous deux sont tr&#xe8;s dissemblables. Zakk est plus vieux de plusieurs
ann&#xe9;es et poss&#xe8;de plus de marques de coups de fouet que son partenaire. Sa peau
est d’un blanc nacr&#xe9; malgr&#xe9; la morsure permanente du soleil, son visage oblong
et ses yeux d’un noir de jais. Nalkair lui, a une peau d’un gris m&#xe9;tallique.
Encore jeune, son visage est plut&#xf4;t rond mais perc&#xe9; de deux yeux violets o&#xf9;
brille une &#xe9;tincelle de malice.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;&#xab; Ecoute
Nalkair, tu sais que je peux rien te dire. Les Vieux me tueraient si jamais
j’te disais ce qu’ils ont pr&#xe9;vu.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;- Ouais mais c’est
quand m&#xea;me moi qui suis le plus concern&#xe9; ! &#xbb;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;Nalkair rapproche
ses talons de ses fesses et enserre ses genoux avec ses bras. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;&#xab; Et
alors ? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;- Eh bah j’ai quand
m&#xea;me le droit de savoir ! Allez quoi, dis-le moi… Ca m’fait peur cette
histoire ! &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;- Tu crois qu’t’es
le seul &#xe0; avoir peur ? Moi aussi j’ai les boules. Alors arr&#xea;te de
m’prendre la t&#xea;te mon gar&#xe7;on. &#xbb;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;Zakk appuie ses
paroles d’un clin d’œil mais Nalkair n’a pas l’air d&#xe9;cid&#xe9; &#xe0; le laisser s’en
tirer comme &#xe7;a et fait semblant d’&#xea;tre vex&#xe9;. Zakk sourit, amus&#xe9;.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;&#xab; Allez arr&#xea;te
de faire cette t&#xea;te, gamin. Si tu souris pas dans la minute, j’te filerai pas
d’tarte au souper. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;- T’fa&#xe7;on l’est pas
bonne ta tarte. &#xbb;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;Zakk &#xe9;clate de rire
et se rel&#xe8;ve d’un bond. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;&#xab; Bon allez
mon gars, remets-toi au boulot. Si tu travailles plus vite que moi, p’t&#xea;t que
j’te soufflerai un mot ou deux sur le plan des Vieux. &#xbb; &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;Arr&#xea;tant de faire
semblant de faire la t&#xea;te, Nalkair se remet sur ses pieds, tout sourire, et
prend son outil &#xe0; deux mains avant de recommencer &#xe0; travailler alors que la
cloche sonne &#xe0; nouveau.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;&lt;o:p&gt;&amp;nbsp;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: center;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;*&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: center;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;* *&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;&lt;o:p&gt;&amp;nbsp;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;&#xab; Quoi…
Laisse-moi dormir… &#xbb;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;Je sens quelqu’un
secouer mon &#xe9;paule. J’ouvre les yeux mais la lumi&#xe8;re d’une lampe de poche
m’aveugle aussit&#xf4;t et je l&#xe8;ve les mains devant mes paupi&#xe8;res abaiss&#xe9;es. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;&#xab; Nalkair,
l&#xe8;ve-toi. Vite. &#xbb;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;Surpris par le ton
implacable de la voix, je m’ex&#xe9;cute, encore &#xe0; moiti&#xe9; endormi. L’homme a
d&#xe9;tourn&#xe9; le faisceau de sa lampe ; je peux rouvrir les yeux et passer une
main sur les larmes qui commen&#xe7;aient &#xe0; couler sur mes joues. Suivant la
silhouette, je sors des dortoirs. La lune est encore haute dans le ciel et
&#xe9;claire le camp d’une faible lumi&#xe8;re. Le parfum de la terre mouill&#xe9;e parvient &#xe0;
nos narines et me rend un peu plus s&#xfb;r de moi. Nous entrons dans un vieux
hangar, plong&#xe9; dans le noir. Je chuchote :&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;&#xab; Qu’est-ce… &#xbb;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;L’autre me coupe la
parole tout bas, de fa&#xe7;on imp&#xe9;rieuse :&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;&#xab; Tais-toi ! &#xbb;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;Le silence nous
entoure. Mon compagnon pose sa main sur mon &#xe9;paule et sa voix se fait plus
claire tout &#xe0; coup :&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;&#xab; Les Mille
Tourments seront inflig&#xe9;s &#xe0; nos bourreaux. &#xbb;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;Les lumi&#xe8;res
s’allument aussit&#xf4;t et je suis &#xe0; nouveau &#xe9;bloui. J’attends quelques secondes et
ouvre &#xe0; nouveau les yeux. Je hoqu&#xe8;te de surprise. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;&#xab; Merde, les
Vieux… &#xbb;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;Une trentaine de
personnes se tiennent devant moi et me regardent. C’est environ un huiti&#xe8;me du
camp. Leurs yeux, moins sensibles que les miens, n’ont eu aucun mal &#xe0; s’habituer
au changement de luminosit&#xe9;. Un peu en avant, trois hommes se
distinguent : ce sont les plus &#xe2;g&#xe9;s de notre communaut&#xe9; et ceux qui la
dirigent. Ceux que l’on appelle les Vieux. G&#xe9;n&#xe9;ralement, ils ne sortent pas de
leur petite maison, plac&#xe9;e &#xe0; part par les esclavagistes et sont exempts de tout
travail manuel. Je ne les ai vu qu’une fois, quand j’&#xe9;tais plus jeune… Et &#xe0;
l’&#xe9;poque, j’&#xe9;tais mort de trouille. Comme maintenant.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;&#xab; Il est
temps, Nalkair. Te sens-tu pr&#xea;t ? &#xbb;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;Une boule se forme
dans mon ventre. L’angoisse m’&#xe9;treint et un haut-le-cœur me fait sursauter. Je
comprends pourquoi Zakk ne m’a rien dit… l’op&#xe9;ration &#xe9;tait pr&#xe9;vue pour ce
soir !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;L’homme derri&#xe8;re
moi affermit sa pression sur mon &#xe9;paule.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;&#xab; Ou… Oui, je
suis pr&#xea;t. &#xbb;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;Le Vieux qui se
trouve au centre de la compagnie s’approche de moi et s’accroupit, ses genoux
craquant sous l’effort. Sa voix est ferme quand il me d&#xe9;clare :&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;&#xab; Ecoute… Ce
soir est un grand jour pour nous. Nous allons nous lib&#xe9;rer du joug de ces
esclavagistes. Ne nous pose pas de question, ne nous demande pas quels moyens
nous allons mettre en œuvre pour que tu puisses t’enfuir et porter notre
message &#xe0; la Confr&#xe9;rie. Une fois que tu seras devant la plaine, je veux que tu
coures droit devant toi. Ne fais pas attention &#xe0; nous ni &#xe0; ce que nous faisons,
contente-toi de courir. Applique ce que je t’ai appris et ferme ton esprit aux
&#xe9;motions. Laisse la magie prendre possession de ton corps. Surtout, ferme ton
esprit. &#xbb;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;Je n’ose m&#xea;me pas
r&#xe9;pondre. Le Vieux se rel&#xe8;ve et fait signe aux autres. Nous sortons et
retrouvons la lune qui brille toujours. Nous parvenons devant les grillages qui
entourent le camp. Derri&#xe8;re, la plaine s’&#xe9;tend &#xe0; perte de vue. Seule une petite
lumi&#xe8;re au loin me donne une id&#xe9;e de la direction &#xe0; suivre. Nous nous pla&#xe7;ons
en demi-cercle devant une ouverture faite dans le grillage. Tout le monde ferme
les yeux ; je m’empresse de faire de m&#xea;me. Je devine que nous devons faire
vite : les esclavagistes savent aussi bien utiliser la magie que nous et
pourraient nous rep&#xe9;rer. J’imagine ma peur la plus horrible et lui donne forme.
J’imagine mes amis mourant sous mes yeux, sous les coups de fouet d’un
esclavagiste. Les d&#xe9;tails prennent forme dans mon esprit. Je vois le visage du
contrema&#xee;tre, d&#xe9;form&#xe9; par la haine, mes compagnons se tordant de douleur sur le
sol, le sang qui ruisselle sur leurs dos. Quand j’entends le claquement du
fouet, je suis pr&#xea;t. Je laisse l’image prendre possession de mes pens&#xe9;es. La
peur m’&#xe9;treint. J’ai trouv&#xe9; le pouvoir de mon peuple, celui de la terreur. Mon
esprit est verrouill&#xe9;. J’ouvre &#xe0; nouveau les yeux mais ce que je vois n’a
aucune prise sur mon esprit. C’est comme si j’&#xe9;tais un simple spectateur devant
un spectacle mais qu’aucune &#xe9;motion ne s’emparait de moi. Je vois trois hommes
se faufiler dehors par l’ouverture. Le premier, un homme, plut&#xf4;t vieux, ses
cheveux cascadant sur ses &#xe9;paules d&#xe9;nud&#xe9;es commence &#xe0; marcher droit vers la
lueur, au loin. Une explosion. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;Ca y est, c’est
parti. Tout s’acc&#xe9;l&#xe8;re. Un autre homme commence &#xe0; marcher et une nouvelle
explosion retentit. Au tour d’un troisi&#xe8;me. D&#xe9;flagration. C’est &#xe0; mon tour. Je
me glisse par l’orifice, un fil de fer me taillade la peau mais je ne ressens
pas la douleur : je suis trop effray&#xe9; par l’image invoqu&#xe9;e dans mon
esprit. D’autres hommes me suivent et commencent &#xe0; courir avec moi, &#xe0; toute
vitesse. Je d&#xe9;passe le cadavre d&#xe9;chiquet&#xe9; du premier vieillard. Ses tripes &#xe0;
l’air libre refl&#xe8;tent la lumi&#xe8;re de la lune. Je ne les vois presque pas.
L’allure s’acc&#xe9;l&#xe8;re. La peur est plus puissante chez mes compagnons ; ils
courent plus vite que moi. A chaque fois que l’un d’entre eux me d&#xe9;passe, il a
&#xe0; peine le temps de me distancer sur quelques m&#xe8;tres qu’il dispara&#xee;t dans un
fracas de lumi&#xe8;re. Mon visage est chaud du sang de mes camarades et des bouts de
muscles ou de tripes je ne sais pas glissent sur mes v&#xea;tements pendant que je
d&#xe9;tale vers la lumi&#xe8;re, mon seul rep&#xe8;re dans ce monde rouge d’explosions et de
terreur. Une ligne rouge se forme &#xe0; la p&#xe9;riph&#xe9;rie de mon champ de vision, &#xe0;
environ trente m&#xe8;tres de moi. La ligne de d&#xe9;marcation du champ de mines. Une
autre femme me d&#xe9;passe et court droit devant moi. Zakk me rattrape enfin et se
met &#xe0; mon niveau. Je vois ses l&#xe8;vres former des mots que mon esprit caresse et
rel&#xe2;che aussit&#xf4;t : &#xab; On va fuir ensemble ! &#xbb;. D&#xe9;tonation.
La femme a disparu. J’ai atteint la ligne rouge. Je tourne la t&#xea;te. Zakk dispara&#xee;t
&#xe0; son tour, happ&#xe9; par une langue de feu. Mon esprit est toujours herm&#xe9;tique &#xe0;
ces images et je fixe &#xe0; nouveau mon objectif devant moi, sans ralentir. Je dois
continuer.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;&lt;o:p&gt;&amp;nbsp;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;(&#xa9;
Forge-R&#xea;ves, 2008)&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
</description><pubDate>Sat, 03 May 2008 14:51:21 GMT</pubDate></item><item><title>Les chevaliers du Ph&#xe9;nix</title><dc:creator>Forge_Reves</dc:creator><link>http://forgereves.canalblog.com/archives/2008/04/21/8906234.html</link><category>Carnets d&apos;&#xe9;criture</category><comments>http://forgereves.canalblog.com/archives/2008/04/21/8906234.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://forgereves.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8906234/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://forgereves.canalblog.com/archives/2008/04/21/8906234.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;&lt;em&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;Bon, pour la petite explication concernant ce texte... Ce dernier a &#xe9;t&#xe9; r&#xe9;alis&#xe9; en 2005 pour une alliance sur un jeu de r&#xf4;le en ligne nomm&#xe9; Bahagon. Je l&apos;ai retrouv&#xe9; il y a peu et l&apos;ai un peu... r&#xe9;vis&#xe9;. Bonne lecture !&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; class=&quot;postbody1&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; class=&quot;postbody1&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;La
nuit. Une nuit sombre, sans lune ni &#xe9;toiles pour nous &#xe9;clairer dans la noirceur
imp&#xe9;n&#xe9;trable. Cette obscurit&#xe9; nous oppressait, nous donnait des sueurs froides,
nous faisait frissonner. Elle nous terrifiait. Malgr&#xe9; cela, nous nous lev&#xe2;mes
et commen&#xe7;&#xe2;mes &#xe0; marcher prudemment. Qui sommes-nous ? Aucune id&#xe9;e, seulement
de l’obscurit&#xe9;. Nous avons march&#xe9;, aveugles, &#xe0; t&#xe2;tons dans les t&#xe9;n&#xe8;bres, nos
muscles encore douloureux. Nous e&#xfb;mes bient&#xf4;t conscience que nous n’&#xe9;tions plus
seuls. Du coin de l’œil, nous v&#xee;mes appara&#xee;tre de petites nimbes plus noires
encore que les t&#xe9;n&#xe8;bres qui nous entouraient. Difformes, ces &#xea;tres marchaient
eux aussi sur deux jambes mais de fa&#xe7;on &#xe9;trange, titubant et tendant vers nous leurs
bras griffus pour nous offrir une mortelle &#xe9;treinte. Certains d’entre nous
tomb&#xe8;rent mais nous ne pouvions pas les aider : la terreur nous tenait et
nous &#xe9;tions d&#xe9;sarm&#xe9;s. Nous per&#xe7;&#xfb;mes alors une sensation &#xe9;trange, comme si notre
esprit se rebellait contre notre marche irr&#xe9;pressible et nous disait de nous
arr&#xea;ter pour nous reposer &#xe0; jamais, pour cesser notre lutte contre une mort
certaine. Mais notre instinct de survie avait pris possession de notre corps et
le faisait avancer de mani&#xe8;re incertaine, nous faisant tr&#xe9;bucher parfois contre
des obstacles invisibles mais luttant pour que nous restions debout. Pour ne
pas mourir.&lt;font&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; class=&quot;postbody1&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;Une
lumi&#xe8;re jaillit du sol, s&apos;&#xe9;l&#xe8;ve dans les airs jusqu’&#xe0; se fondre dans les nuages,
r&#xe9;v&#xe9;lant le paysage de d&#xe9;solation qui nous entoure, le sol nu, compl&#xe8;tement
calcin&#xe9;, recouvert d’une fine pellicule de poussi&#xe8;re grise. Puis, brisant la
grise harmonie c&#xe9;leste, un oiseau de feu d&apos;une splendeur inou&#xef;e descend vers le
sol. Certains hommes s’enfuient, d’autres meurent foudroy&#xe9;s devant les flammes du
Ph&#xe9;nix mais quelques-uns d&apos;entre nous restent debout, vivants et vaillants. Le
feu jaillit de la gueule de la cr&#xe9;ature, nous entoure, nous purifie, consume
nos chairs, noircit nos os et ronge nos organes mais nous, hommes et femmes de
toutes races, restons l&#xe0;, immobiles, subissant sans broncher sa morsure sacr&#xe9;e.
Apr&#xe8;s la purification par le brasier vient la b&#xe9;n&#xe9;diction ondine. Le Ph&#xe9;nix
d&#xe9;verse ses larmes sur nous, torrent glac&#xe9; nous submergeant, nous rendant nos
corps physiques et la lumi&#xe8;re.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; class=&quot;postbody1&quot;&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;Ils
parcourront les terres balay&#xe9;es par l’apocalypse puis revenues &#xe0; la vie, ils recruteront
d’autres seigneurs &#xe9;gar&#xe9;s dans leurs remords ou l’obscurit&#xe9;, ils leur rendront
la vue et le sens de la justice, ils leur donneront l&apos;insigne du Ph&#xe9;nix
repr&#xe9;sent&#xe9; par une flamme consumant un cr&#xe2;ne, ils les aideront quand ils seront
menac&#xe9;s par les spectres de la guerre, ils les guideront dans l’entrelacs des
champs de bataille. Ils seront forts et braves, grands strat&#xe8;ges et
Forge-R&#xea;ves, sculpteurs d’illusions et illustres combattants, ma&#xee;tres de leurs
peurs et de leurs pens&#xe9;es assassines, ils chercheront les points faibles de
leurs adversaires pour remporter conflits rh&#xe9;toriques et campagnes militaires.
Ils seront ses Chevaliers, arm&#xe9;s de lames et de lances enflamm&#xe9;es, fiers
guerriers protecteurs de leurs contr&#xe9;es et de celui qui les a anim&#xe9;s et
ressuscit&#xe9;s : le Ph&#xe9;nix.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;1&quot; face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; class=&quot;postbody1&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 8pt;&quot;&gt;(&#xa9; Forge-R&#xea;ves, 2005, r&#xe9;vis&#xe9; en 2008.)&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;em&gt;&lt;font style=&quot;font-size: 8pt;&quot;&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
</description><pubDate>Mon, 21 Apr 2008 19:52:00 GMT</pubDate></item><item><title>Cheveux blancs</title><dc:creator>Forge_Reves</dc:creator><link>http://forgereves.canalblog.com/archives/2008/04/12/8792629.html</link><category>Carnets d&apos;&#xe9;criture</category><comments>http://forgereves.canalblog.com/archives/2008/04/12/8792629.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://forgereves.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/8792629/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://forgereves.canalblog.com/archives/2008/04/12/8792629.html</guid><description>&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.45pt;&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;Allez hop, j’me lance… Voil&#xe0; le premier chapitre de ce que j’esp&#xe8;re pouvoir appeler plus tard &#xab; mon roman &#xbb;. Bonne lecture !&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;Un tourbillon. Puis, du noir. Rien que du noir, un beau noir bien sombre. Oh non ! Va-t’en lumi&#xe8;re ! Ce noir &#xe9;tait si beau que je serais bien rest&#xe9; dedans pendant des heures, immerg&#xe9; comme dans un fleuve sans remous. Elle ne veut pas partir. En m&#xea;me temps, elle est tr&#xe8;s faible cette lumi&#xe8;re, c’est en r&#xe9;alit&#xe9; une tache de gris. Je devrais peut-&#xea;tre la laisser rester l&#xe0; pour qu’elle se repose un peu afin qu’elle s’envole plus tard vers d’autres horizons, quand elle aura repris des forces.&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;Mince, il pleut. Je ne sais m&#xea;me pas o&#xf9; je suis mais cette gentille lumi&#xe8;re &#xe9;claire un peu mon univers. Je suis pr&#xe8;s d’un arbre, un grand arbre gris. Ses feuilles sont un peu fl&#xe9;tries mais cet arbre reste magnifique. J’ai l’impression de l’avoir d&#xe9;j&#xe0; vu. Je ne sais pas quand, mais je suis d&#xe9;j&#xe0; venu ici. J’observe l’arbre d’un peu plus pr&#xe8;s. Deux mains se posent sur l’&#xe9;corce. A qui sont-elles ? Elles sont reli&#xe9;es &#xe0; mon corps par des bras, ces mains. Mes mains. Elles sont recouvertes de terre mouill&#xe9;e. C’est quoi le nom d&#xe9;j&#xe0; ? De la boue. Oui, c’est comme &#xe7;a que l’on appelle la terre gorg&#xe9;e d’eau. Je vois une tache rouge sur l’arbre et je sens aussi un liquide chaud couler sur mon visage. Je le touche. C’est bien rouge et liquide. Du sang, qui d&#xe9;gouline lentement de mon front.&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;Je reprends mes esprits. Je ne me rappelle de rien. Ah ! Si, &#xe7;a me revient. J’&#xe9;tais sur la place du march&#xe9;. Il faisait presque nuit mais le soleil tardait &#xe0; se coucher. J’aime beaucoup le march&#xe9;, ces odeurs, ces choses qui brillent, et m&#xea;me quand &#xe7;a ne brille pas, c’est tr&#xe8;s beau &#xe0; voir. J’aime observer, toucher, caresser ces objets. Maintenant je les connais tous. Ce que je pr&#xe9;f&#xe8;re, c’est l’&#xe9;tal du marchand de voitures. Ce qui me fascine, c’est qu’elles roulent, vroum vroum, c’est marrant. Mais quand le marchand me voit, il me fait les gros yeux et je repose vite le jouet. D&#xe8;s qu’il tourne le dos, je le reprends. Attention ! Je ne vole jamais les voitures ! C’est mal. Ma maman m’a dit de ne jamais voler parce qu’apr&#xe8;s il y a un bonhomme avec un b&#xe2;ton et un dr&#xf4;le de chapeau, un k&#xe9;pi, qu’elle dit, qui te prend par les cheveux et qui t’emm&#xe8;ne dans une pi&#xe8;ce avec des barreaux en m&#xe9;tal. On ne peut pas sortir. Une prison. Et le monsieur, ma m&#xe8;re m’a dit que c’&#xe9;tait un policier.&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;En tout cas, je ne me suis jamais fait rep&#xe9;rer. Mais ce soir l&#xe0; j’en ai vu un. Enfin&lt;span style=&quot;COLOR: black;&quot;&gt;... Lui,&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;COLOR: purple;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;il n’avait pas de b&#xe2;ton. Juste un grand manteau de cuir et des bottes noires. J’&#xe9;tais en train de jouer avec une voiture, une belle voiture rouge. Quand j’ai vu que l’homme me regardait, j’ai vite remis la voiture sur l’&#xe9;tal. Il marchait vers moi. J’avais peur. Mais il continuait d’avancer. Je reculais. Apr&#xe8;s quelques pas, il commen&#xe7;a &#xe0; courir. Alors, je me suis retourn&#xe9; et j’ai couru moi aussi. J’ai de la chance, je connais tr&#xe8;s bien la ville. C’est elle qui m’a &#xe9;lev&#xe9; en fait. Mon p&#xe8;re n’&#xe9;tait jamais l&#xe0; et quand il rentrait &#xe0; la maison, il ne me parlait jamais. Je pense que c’est parce que mes cheveux sont blancs. C’est bizarre quand m&#xea;me parce que les cheveux des gar&#xe7;ons de mon &#xe2;ge sont noirs ou marrons. J’en ai m&#xea;me vu un, un jour, qui avait des cheveux jaunes. Mais personne n’avait l’air surpris en le regardant, lui. Ma m&#xe8;re, elle, &#xe9;tait toujours en train de faire &#xe0; manger ou le m&#xe9;nage. Mon p&#xe8;re trouvait &#xe7;a normal et il l’obligeait &#xe0; faire ces t&#xe2;ches. L’homme continuait sa course. Moi aussi. Je zigzaguais dans les rues en esp&#xe9;rant qu’il arr&#xea;te de me suivre. Mais il &#xe9;tait toujours derri&#xe8;re moi. Je courais de plus en plus vite. Il me suivait toujours et en plus il gagnait du terrain. Il allait plus vite que moi ! C’est normal aussi, les grandes personnes ont des jambes beaucoup plus grandes que les petits gar&#xe7;ons. En plus, il pleuvait. Et comme j’ai les jambes plut&#xf4;t courtes, je pataugeais dans l’eau comme un chien dans une rivi&#xe8;re peu profonde. Je sortais de la ville, continuant ma course. J’allais rejoindre la plage, l&#xe0; o&#xf9; est la maison de mes parents. Je regardais derri&#xe8;re moi puis, tout &#xe0; coup, du noir.&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;Je m’&#xe9;tais cogn&#xe9; &#xe0; un arbre. Voil&#xe0; donc o&#xf9; j’en suis. J’essaie de fuir cet homme. Je regarde autour de moi mais je ne le vois pas. Alors me voil&#xe0;, assis dans la boue. C’est bizarre mais j’ai l’impression d’avoir d&#xe9;j&#xe0; v&#xe9;cu &#xe7;a. Peut-&#xea;tre parce que c’est un cauchemar. Si c’en &#xe9;tait un, je m’en souviendrais et je saurais comment il se termine. Mais voil&#xe0;, je n’arrive pas &#xe0; me rappeler. Mince, revoil&#xe0; l’homme. Il n’a m&#xea;me pas l’air fatigu&#xe9;. Je dois me lever. Mes jambes ne bougent pas. Enfin si, elles bougent mais c’est parce que je tremble de peur. L’homme marche maintenant. Moi, je ne peux pas. Je dois mobiliser ma volont&#xe9;. Mon professeur de combat me dit toujours &#xe7;a : &#xab; Quand ton corps ne veut pas faire quelque chose, tu dois te rebeller. Tu dois mobiliser ta volont&#xe9;, parce que tu as la foi, tu as foi en toi. Si tu sais et que tu persuades ton corps de faire quelque chose, il le fera. C’est &#xe7;a la vie : une lutte constante entre le corps et l’esprit. &#xbb;. Mais cette fois, &#xe7;a ne marche pas. La peur s&#xfb;rement. L’homme est devant moi maintenant. Il s’agenouille, repousse mes cheveux coll&#xe9;s par la pluie avec un doigt et sort un mouchoir. Il essuie le sang qui coule toujours sur mon front. Puis, il range son mouchoir et sort un couteau. Au moment o&#xf9; il le dirige vers mon visage, la fureur m’envahit, une fureur comme je n’en ai jamais &#xe9;prouv&#xe9;e auparavant. Je prends son bras de mes mains, de mes toutes petites mains, compar&#xe9;es &#xe0; ce bras &#xe9;norme et je lui fais une cl&#xe9;, celle que mon professeur pr&#xe9;f&#xe8;re. Je retourne son bras et je mets un coup sec sur son coude. J’entends un craquement et un cri. Ce cri me perce les tympans. Une nouvelle certitude dans mon esprit : mon corps est pr&#xea;t &#xe0; m’ob&#xe9;ir. Sous la pluie toujours battante, je me rel&#xe8;ve, laisse l’homme l&#xe0; et je cours de nouveau. Derri&#xe8;re moi, je l’entends se relever lui aussi, g&#xe9;missant de douleur. Ca y est, il court. Pendant quelques minutes, la poursuite se r&#xe9;sume &#xe0; &#xe7;a : un petit gar&#xe7;on louvoyant entre les arbres et un grand homme tr&#xe9;buchant dans la boue, le tout sous une pluie cinglant leurs visages tordus de douleur. Je cours toujours mais j’entends aussi le bruit des pas rapides et lourds de l’homme derri&#xe8;re moi, qui se rapproche. J’ai l’impression de sentir son souffle rauque sur mon cou. Je cours plus vite, fon&#xe7;ant droit devant moi. J’arrive &#xe0; la falaise. Ma m&#xe8;re m’a toujours dit de ne jamais y aller parce que je pourrais tomber. J’arrive tout en haut, au bord du vide. Je ne vois plus l’homme. Je tombe sur le sol. Je crois voir des &#xe9;toiles, des lueurs jaunes qui tournent autour de moi, tant je suis &#xe9;puis&#xe9;. Puis, une botte au loin. Une deuxi&#xe8;me. Tournant mon visage coll&#xe9; &#xe0; la boue, je vois l’inconnu &#xe0; quelques dizaines de m&#xe8;tres de l&#xe0;. Je me rel&#xe8;ve d’un bond. Parfait, mon corps m’ob&#xe9;it.&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;&#xab; Tu ne m’auras pas. Personne ne m’aura jamais parce que si tu t’approches, je saute dans le vide. &#xbb;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;Je regarde en bas. Environ vingt m&#xe8;tres sous mes pieds, la mer tente d’&#xe9;craser les rochers sous ses vagues houleuses. Elle sait bien qu’elle n’y arrivera jamais, pourtant, elle s’obstine.&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;&#xab; Elle est aussi t&#xea;tue que moi. Elle veut vaincre mais elle sait qu’elle n’y arrivera pas. Mais je ne suis pas comme cette mer. Moi, je vaincrais. Si tu avances, l’inconnu, je saute. &#xbb;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;Il continue &#xe0; avancer. Lentement. Je recule. Mes talons sont dans le vide et j’entends de petits cailloux heurter la falaise. Il continue &#xe0; avancer. Il est tout pr&#xe8;s maintenant. Il tend la main pour attraper ma chemise. Je ferme les yeux et me pr&#xe9;pare &#xe0; me jeter en arri&#xe8;re. Ca y est, il me tient. J’essaie de tomber, je veux tomber, mais je n’y arrive pas. J’entends une masse rouler contre la falaise, se cogner contre la roche. On me tient toujours. Je d&#xe9;colle du sol. J’ouvre les yeux. Je ne vois qu’une &#xe9;paule, une &#xe9;paule couverte par un manteau marron &#xe9;lim&#xe9;. Je repousse ce nouvel homme qui me comprime le ventre. De toutes mes forces. Puis, les bras se tendent. Je suis au-dessus de l’inconnu. Je reconnais ces cheveux noirs bord&#xe9;s de gris, ces yeux d’un bleu sombre. Il me regarde et dit seulement ces mots : &#xab; C’est moi. &#xbb;. Soulag&#xe9;, je m’endors aussit&#xf4;t dans les bras de mon p&#xe8;re&lt;span style=&quot;COLOR: red;&quot;&gt;.&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;MARGIN: 0cm 0cm 0pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 7.5pt; FONT-FAMILY: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;(&#xa9; &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 7.5pt; FONT-FAMILY: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;; mso-bidi-font-family: Arial;&quot;&gt;2008&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 7.5pt; FONT-FAMILY: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;, Forge-R&#xea;ves)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 12 Apr 2008 20:13:50 GMT</pubDate></item></channel></rss>